Notre QUEENSPIRATION de la semaine a su associer ses deux passions : le voyage et la cuisine. Glory Kabe est cheffe, traiteur et nomade. Sa spécialité : des plats gourmands et healthy afrovegan. Elle nous raconte ses débuts, ses déclics. Elle nous parle de ses voyages et des rêves qu’elle ne cesse de façonner.

RTM | Bonjour Glory, nous sommes ravies de t’accueillir sur RTM. Avant de commencer, quels sont les mots que tu choisirais pour t’introduire ? 

Glory | Bonjour à toutes. Simplement, je dirais que je suis Glory Kabe, cheffe afro vegan. 

RTM |  Parlons de tes débuts, de ta vie, tes vies avant la cuisine…

Glory | Avant de devenir cheffe, je travaillais en tant qu’hôtesse de l’air. J’étais également danseuse. La danse a toujours fait partie de moi et de ma vie. Lorsque j’ai mis fin à ma carrière d’hôtesse de l’air, j’ai décidé de prendre une pause et de partir quelques temps au Brésil. C’est là bas, que j’ai progressivement arrêté de manger de la viande, que je suis tombée amoureuse de la cuisine afro brésilienne et que j’ai surtout décidé de devenir cheffe. Tout en continuant la danse, j’ai pris le temps de me demander ce que je voulais faire. 

A mon retour en France, mon meilleur ami me conseille de partir m’installer en Angleterre. Je suis son conseil. 

Une fois sur place, j’intègre une colocation où tout le monde était vegan. Ça m’a définitivement convaincu à rejoindre la team. Je suis officiellement devenue vegan puis cheffe (sourire). 

Très rapidement, j’ai su que je voulais m’orienter plus spécifiquement vers une cuisine afrovegan

A mes débuts, je n’avais que la volonté pour me guider, aucun background dans le domaine, si ce n’est l’apprentissage reçu par ma mère qui cuisinait beaucoup et qui m’a certainement transmis son amour de la cuisine. 

J’ai appris à cuisiner très tôt. J’aime manger, J’aime faire plaisir. Je suis une gourmande. Il n’en fallait pas plus pour booster ma créativité. 

Crédit : Les hommes heureux

RTM | Aujourd’hui tu es une cheffe indépendante. Les gourmets viennent à toi mais tu vas aussi à leur rencontre un peu partout dans le monde. Pourquoi était-ce important pour toi de pouvoir pratiquer en tant que cheffe nomade ? 

Glory | J’ai toujours eu cette volonté de me sentir autonome, indépendante, et en charge de ce que je pouvais faire. Je ne sais pas si mon signe astrologique y contribue, mais étant Vierge, je suis quelqu’un d’assez organisée, qui aime entreprendre et gérer les choses de manière générale. Certaines choses ne m’ont jamais effrayées. 

Je suis la première à être partie de chez moi. J’ai rapidement habité à l’étranger. Je suis rapidement sortie de mes zones de confort. Et je suis extrêmement curieuse. 

Je pense que la curiosité dans la cuisine est très importante, tout comme dans les voyages. Tous ces éléments font que j’ai un mental solide pour l’entrepreneuriat. 

Et puis il faut aussi dire que j’ai eu un bon modèle avec ma mère qui, après de longues années en tant que salariée, s’est également lancée pour être à son compte. 

RTM | Quel rapport entretenais-tu avec ton corps, avec les aliments avant de devenir vegan ? 

Glory | Ayant toujours dansé, j’ai toujours eu un rapport plus ou moins conscient de mon corps et de ce que je mangeais. J’ai rapidement arrêté de manger certaines viandes par volonté, avant même que cela ne devienne une tendance sociale. 

J’ai fait le conservatoire en danse classique, et notre alimentation faisait partie des choses que l’on surveillait. On avait des règles à respecter. 

Ayant également eu la chance d’aimer cuisiner tôt, j’ai eu rapidement conscience des aliments, de leurs apports, de leurs goûts, de leurs cuissons, des différentes associations possibles…

Avant même de devenir vegan, je ne mangeais pas juste pour manger. J’étais curieuse de savoir ce que je mangeais. 

RTM | Qu’est-ce qui a changé depuis que tu es devenue vegan ? 

Glory | J’ai une alimentation qui a un meilleur impact sur ma santé. Ma santé, de fait s’est améliorée. Non pas qu’elle était en mauvais état, mais j’ai pu éliminer les mauvaises graisses par exemple. Ca m’a aussi permis de me protéger de certaines infections. Je tombe beaucoup moins malade. 

Ca m’a également révélé certaines carences dont j’ai pu m’occuper. C’est important de faire un check up lorsqu’on transitionne d’un régime à un autre, quel qu’il soit. 

RTM | Comment décrirais-tu la cuisine afro vegan que tu proposes ? 

Glory | Ma cuisine est un mélange des cuisines du monde afro. Pas uniquement du continent africain, mais également de la diaspora africaine à travers la planète. Je vois là l’impact notamment de mon voyage au Brésil, à Salvador, qui est la ville qui accueille la plus grande diaspora africaine au monde après le continent lui même. 

Ce voyage a eu une énorme influence sur mon entrée dans l’afro véganisme. J’ai découvert une cuisine riche, colorée, tasty, healthy et surtout sexy. Manger se fait aussi avec les yeux. L’image compte beaucoup, d’autant plus avec l’émergence d’Instagram. La cuisine que je propose se doit d’être aussi belle que bonne. C’est incontournable et indispensable. 

RTM | Quel est ton plat incontournable ? L’indétrônable de Glory Kabe ? 

Glory | Il y en a plusieurs. C’est difficile de choisir. Je dirais le Fried Chicken, les plantains rôtis, les tempuras de Gombo et les Gnocchis de Plantains. Ce sont mes préférés. 

Crédit : Thomas Fliche 

RTM | Que se passe-t-il au Brésil qui finalement te poussera à te lancer ? 

Glory | Je suis tombée amoureuse culturellement de la ville de Salvador. J’ai retrouvé l’Afrique en dehors de l’Afrique, différente de ce que j’avais connu. J’ai découvert un peuple fier de leur représentation dans le monde. Je ne me suis jamais sentie autant connectée en dehors de chez moi, dans un espace que je ne connaissais pas. 

Mon coup de foudre s’est fait à tous les niveaux, que ce soit à travers la danse, la culture, les rencontres humaines, les couleurs, le paysage…J’y ai rencontré mes meilleurs amis que je considère aujourd’hui comme ma famille. C’est aussi l’une des meilleures cuisines au monde selon moi. 

Le fait également d’être partie seule, sans maîtriser la langue, je pense que ça m’a offert un autre rapport à ce pays. J’ai tout appris sur place. 

Sans ce voyage je ne répondrais pas à ces questions actuellement. 

RTM | A Londres, tu commences officiellement à pratiquer en tant que cheffe. Rapidement tu proposes tes services à des célébrités également. Quelle anecdote pourrais-tu nous partager ? 

Glory | J’ai vu des choses assez incroyables en travaillant justement chez certaines célébrités. Je me souviens être arrivée une fois dans une maison où le hall d’entrée faisait la taille de mon appartement parisien. Il y avait un piano géant qui jouait tout seul du John Legend. Je me suis dit « ok, on est chez quelqu’un ! ». 

RTM | Te souviens-tu de la fois ou tu t’es dit « c’est possible, je vais y arriver » ? 

Glory | Bien sûr. Parce que ca arrive souvent ce moment où je me le répète. Ce moment où je me le répète, je me rappelle ce moment où je me suis dit, c’est ça que je vais faire. Je vais le faire et je vais y arriver. C’était entre mon voyage au Brésil, et mon départ pour Londres. C’est là où j’ai mis en place mes statuts. 

Et même la préparation de mon voyage à Londres, je me suis dit, non en fait, c’est ça que je veux faire et que je vais faire. Et je vais y arriver. 

RTM | Si tu devais nous citer 3 produits dont tu ne peux pas te passer ? 

Glory | Je dirais les bananes plantains, les épices et le lait de coco  

RTM | 3 femmes, 3 cheffes afro vegan qui t’inspirent ? 

Glory | Pour les femmes qui m’inspirent, je dirais ma mère, ma grand-mère et mes tantes, mes amies, mes soeurs. 

En ce qui concerne les cheffes afrovegan, il y a Cheffe Ahki qui m’a beaucoup inspiré à mes débuts, et qui continue encore de m’inspirer. Elle a révolutionné le véganisme. On lui doit beaucoup. 

Je pense également à la cheffe Ayaba pour son parcours. Ainsi qu’à la cheffe Binta.

RTM | Que dirais-tu aux femmes qui hésitent à suivre leurs rêves ?

Glory | Si ça vous fait peur, c’est que vous êtes sur la bonne voie. C’est exactement dans cette direction qu’il faut vous rendre. Foncez. Il n’y a rien de plus stimulant dans la vie que les challenges que l’on se met à soi même. Autorisez vous cette impulsion. 

RTM | Si tu devais nous citer la prochaine destination culinaire qui te fait rêver ? 

Glory | Sans hésitation : le Ghana ! J’ai envie d’y faire un food trip de ouf. Je souhaiterais collaborer avec cheffe Binta que j’adore, cheffe. Une excellente cheffe africaine qui ne fait pas que de l’afro vegan et dont la spécialité est la Fulani Kitchen. 

J’ai clairement hâte ! 

RTM | De quoi rêves-tu encore aujourd’hui ? 

Glory | De plein de choses. J’ai envie de travailler avec les enfants, de proposer des formations, d’ouvrir une école, de faire des livres, d’ouvrir un restaurant, de lancer des programmes, d’aider les gens… Ce n’est que le début, je suis encore loin de la fin. Il me reste de belles choses à accomplir. J’ai envie que l’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui a révolutionné l’afrovegan ! 

RTM | Et enfin, qu’est-ce qui fait de Glory une Reine Des Temps Modernes ? 

Glory | Je viens du 95. Je n’aurais jamais imaginé être en capacité de travailler dans autant de pays différents, de visiter autant de continents et surtout d’être reconnue pour ce que je fais. J’aime ce que je fais aujourd’hui, ça vient profondément de moi, de mon cœur. Pouvoir vivre mes rêves et les partager avec autant de personnes, c’est magique. Je suis extrêmement touchée lorsque l’on me contacte pour échanger sur mon travail. Si je suis une Reine Des Temps Modernes, c’est grâce à tout le monde. Moi, je ne fais que ce que j’aime faire.

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