Penser et construire une société plus juste, plus équitable, plus durable ne peut se faire sans questionner notre consommation. Sommes-nous ce que nous mangeons ? Que disent nos assiettes de notre monde ? Notre QUEENSPIRATION de la semaine est vegan, afrovegan plus précisément. Elle s’appelle Charlotte et depuis maintenant 7 ans, elle travaille sur les questions de l’afrovéganisme via ses pages AfroVNews et Plantankh. Qu’y a-t-il de plus révolutionnaire qu’une femme, noire et vegan ? On en parle cette semaine sur RTM.

Portrait Charlotte // Afrovéganisme

RTM | Bonjour Charlotte, nous sommes ravies de t’accueillir sur RTM. Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lectrices et lecteurs ?

Charlotte | Salutations ! Tout d’abord merci de poser ton regard sur mon travail. Je suis très honorée.

Je m’appelle Charlotte, je tiens les plates-formes AfroVnews et Plantankh, toutes deux axées autour de l’afrovéganisme. Plantankh est beaucoup plus confidentiel et plus personnel. C’est mon dernier bébé ! Je suis une jeune pousse introvertie sur les réseaux sociaux, du coup j’apprends encore !
Que dire d’autre, étant en pleine reconversion, je dois apprendre à réapprendre, ce n’est pas évident mais on tient le coup ! Je pense que beaucoup connaissent ce genre de périodes, plutôt éprouvantes sur le plan émotionnel. Se rendre compte que l’on n’est pas wonderwoman peut faire comme un petit choc ! (rires)

Je suis vegan, afrovegane pour être précise. Et ce, depuis plus de 7 ans. J’ai donc eu l’occasion d’expérimenter, de partager mes analyses, les liens que l’on peut faire en tant qu’afrodescendant, et de conscientiser au maximum mon microcosme chéri. Appréciant mes safe-spaces, je me suis dit qu’il était temps et que j’étais assez légitime pour passer à l’étape suivante, en portant ma parole ainsi que ma vision à une autre échelle. Étant Camerounaise de par mon Père et Guadeloupéenne de par ma Mère, mais vivant hors de mes Terres-mères, à savoir dans l’héxagone, je pense que ma voix peut-être entendue par beaucoup d’afrodescendants, qu’ils soient de parents Antillais ou Africains (du continent). Et ça, c’est plutôt chouette !

Crédit : @Plantankh // afrovéganisme

RTM | Femme, noire et vegan. Il parait que c’est trois mots ne sont pas compatibles (sourire). Comment devient-on femme, noire et vegan ?

Charlotte | Paraît-il oui ! Mon Père me disait souvent “impossible n’est pas Camerounais” et enchaînait souvent avec “le Cameroun, c’est l’Afrique miniature!”. C’était sa manière de me faire comprendre qu’être Noire, être Africain.e ne doit pas être un frein à nos réalisations.

Comment devient-on femme, noire et vegan ? Noire, je suis. Mes deux parents le sont, c’est donc un glorieux acquis. Femme je le deviens de jour en jour. J’apprends. Je découvre. Le pouvoir féminin est si mysterieux ! Enfin végan, je le suis devenue il y a un peu plus de 7 ans, et à l’échelle de ma vie c’est énorme (rire). Pour concilier tout cela, il est nécessaire de se recentrer, d’aller puiser le plus profondément possible en soi.
Il est impératif de s’informer, de se questionner, de placer et déplacer son égo afin de pouvoir rester perméable à l’information et enclin à passer à l’action. Il est important de se laisser éprouver, d’expérimenter.
Ce n’est pas forcément évident, car les désillusions peuvent être vécues comme extrêmement violentes. C’est pour cela que je prends soin de ne pas choquer et laisser seule les personnes que je conscientise sur le sujet. Les sentiments de solitude et d’impuissance sur des questions pareilles ont été de véritables fardeaux pour moi. Heureusement, j’avais ma petite sœur qui est passée vegan en même temps que moi, sans qu’on ne se consulte ! Pouvoir échanger, partager et tester la pertinence de ses analyses (et des recettes, évidemment) a été extrêmement précieux, voire vital pour moi.

C’est pour cela, que je m’attache à accompagner, rassurer (j’ai dit rassurer, pas conforter !), prévenir et surtout inciter chacun à se recentrer que ce soit sur ses propres émotions, ses valeurs, son éthique et son héritage. Afin de faire vivre et revivre le tout. C’est important, nous sommes des êtres incarnés. Mais qu’incarnons-nous exactement, la tout de suite, maintenant ? Telle est la question !

“L’indépendance alimentaire prépare à l’émancipation et à l’indépendance”

Le liant entre le fait d’être noire, femme et vegan, ne sont ni les graines de chia, ni la purée d’oléagineux, ni la fécule de maïs comme en cuisine mais bel et bien l’amour. L’amour de soi, l’amour des siens ! Et le pouvoir. Également. Être femme dans un patriarcat branlant n’est pas chose facile. La question de pouvoir se pose. Être noire dans un environnement négrophobe ou versé de personnes décentrées n’est pas évident non plus. Là encore la question du pouvoir et de l’amour s’impose. Enfin, être végan dans une partie du monde faisant son beurre grâce à cette industrie macabre que chacun de nous faisons vivre et renforçons, là en revanche, à échelle individuelle, ce n’est pas si compliqué. Cela devient moins simple, lorsqu’il s’agit d’intégrer le véganisme dans le paradigme de chacun. Cela demande plus de travail.

Le paradigme occidental est très puissant, et les égos peuvent facilement être fragilisés.
Cela dit, suites à nos échanges, sur toutes les personnes étant passées végan ou ayant drastiquement réduit leur consommation de produits nécessitant la mort et/ou la torture de bêtes, force est d’admettre que l’amour de soi, des siens, le bon sens ainsi que la prise de conscience de son pouvoir ont généralement primé !

RTM | D’où vient cette idée qu’il y aurait un antagonisme entre le fait d’être noir.e et d’être vegan ?

Charlotte | A mon sens, cet antagonisme est irrigué par plusieurs sources.

  • Le conditionnement: Le prêt-à-penser, le rythme de vie, la propagande, la normalisation et la romantisation de la mort et la torture. Le struggle love chicken. Faire souffrir, pour jouir et détruire pour obtenir…

On arrive souvent à ce que l’on appelle la dissonance cognitive. Je recommande le livre du docteur Melanie Joy, Why we love dogs, eat pigs and wear cows: introduction to carnism. Je pense qu’il a été traduit en français depuis ! Se rendre compte que nos valeurs ne sont pas en adéquation avec nos actions fait au pire culpabiliser au mieux changer.

  • L’aliénation, ce mot est pénible mais doit être posé. Penser hors de soi. Se vivre déconnecter. Adopter la position du dominé, du sans-pouvoir, du sans-amour de soi. Cette position d’être sans âme et sans savoir, dénué de sa capacité d’autodétermination et d’intérêt à protéger ou préserver est quelque chose de grave. C’est pour cela que je parle de pouvoir. Il s’agit de reprendre le pouvoir sur soi d’abord avant de vouloir changer ou affronter son monde.
  • Un champ des possibles très limité. Des phrases telles que “c’est la société”, “le gouvernement ne fait rien”, “ce n’est pas moi qui vais changer les choses” limite la vision et calfeutre la fenêtre d’action. C’est une manière de transmettre son pouvoir à autrui, à un système qui ne te veut pas du bien. C’est un tic de pensée que l’on retrouve dans bien d’autres débats afin de se déresponsabiliser, de ne pas agir. C’est une énergie basse. Faire sa part comme le colibri est une énergie haute. Cela inspire, élargit le champ des possibles des autres qui te voient faire des allers-retours pour essayer d’éteindre un incendie.
  • Les oppressions liées aux faits d’être noir.e. On peut vite se sentir submerger. Il faut avoir l’espace mental et l’occasion de questionner ses choix de consommation. C’est comme pour la gestion financière, pas évident d’attendre d’une personne en détresse économique qu’elle investisse. Alors je me dis que d’autres le feront, ceux qui ont été en capacité (quasi)immédiate d’investir, investissent et démocratiseront les process pour les autres.

Je vois le véganisme comme une éprouvette très intéressante de la société. Cela permet de capter les rapports de force, de comprendre que l’on a notre part à faire, que l’union et la reconnexion sont des forces à ne pas négliger ! Ce qui est très loin de constituer un antagonisme entre le fait d’être Noir.e et vegan. Être Noir et se tirer une balle dans le pieds dans une société négrophobe en revanche ça, ça l’est.

RTM | Te souviens-tu de tes premiers questionnements sur l’alimentation ? Quels ont pu être les déclics ?

Charlotte | Oui je m’en souviens ! Je venais à peine de découvrir les œufs aux plats via ma meilleure amie. Je commençais tout juste à apprécier. Quelques jours avant de passer végan, je me souviens acheté des éperlans à frire. L’hôtesse de caisse, elle-même Camerounaise, m’expliqua que ce sont les gens du mboa (du pays) qui mangent beaucoup ces poissons ! C’était pourtant ma mère guadeloupéennes qui avaient pour habitude de cuisiner les éperlans.

Quelques jours après, je devais vegan. Je n’ai pas eu le temps de cuisiner les éperlans, j’avais encore les œufs dans mon frigo… Très rapidement, je me suis dit “mais que vais-je manger ?” Le lien avec l’identité a très vite été questionnée. Que vais-je faire de mon héritage ? Suis-je légitime pour “véganiser” les plats reçus en héritage ?
(Souvenez-vous de l’épisode où on me reconnaît de par ma consommation de poisson !)

C’est en ce sens que je parle d’afrovéganisme. Il ne s’agit pas simplement d’être Noire et vegan, c’est bien plus que ça ! C’est chercher et trouver des réponses dans son africanité.
Concernant mes déclics, tout à commencer par ma mère. Pour régler ses problèmes d’os, je lui ai conseillé d’arrêter les laitages suite au conseil d’une femme végétarienne très portée sur la naturopathie et unapologetiquement Vietnamienne. Je précise cela car, elle, non plus n’était pas sur la terre de ces aïeux et arrivait à faire vivre son héritage, sa santé et ses valeurs. Je n’ai donc pas vu d’incompatibilité.

Je suis allée vaillamment me présenter à ma mère avec ma solution ! Parvenue avec ma solution toute faite en bouche, elle a su gentiment me dire d’aller bavarder ailleurs (rire)! En vrai, elle a eu une réaction normale. Je lui demandais d’arrêter le lait, les yaourts, les fromages blancs, le beurre etc (sachant qu’avant il n’y avait pas autant d’alternatives), de revoir ses habitudes pour soi-disant régler ces problèmes d’os. Je ne suis pas médecin, je suis sa fille, je ne me joignais pas à elle, et je suis arrivée avec un “paraît-il”. J’ai donc dû travailler, travailler et encore travailler.

Je dormais trois heures par nuit afin de me documenter. Les infos, les intox, les approximations étaient principalement en anglais. Faire le tri n’était pas de tout repos. J’ai dû tout revoir ! Le calcium fortifie les os, certes mais ce n’est pas suffisant comme argument quand on a toute une industrie macabre qui met dans la tête de chacun que la source de calcium à privilégier est le lait et que cela fortifie les os. J’ai donc dû bosser, à en faire des crises d’angoisses, à m’isoler socialement, à voir le monde extérieur comme une vaste supercherie. Je n’étais pas équipée pour un monde pareil et en vrai je ne pense toujours pas l’être. Plus je cherchais, plus je découvrais, plus je voyais les liens entre la santé, l’éthique, l’Afrique, les Antilles, la transmission, et ma mère.

Crédit : @Plantankh // afrovéganisme

RTM | Je t’ai découverte grâce à ton compte Instagram AfroVnews sur lequel tu partages des contenues sur l’afro veganisme. Personnellement, découvrir des femmes noires, des femmes afroféministes vegan a clairement changé mon rapport à ces questions. Comment as-tu réussi à faire le lien entre ces différentes questions : vaganisme, afrofémisme, lutte politique des afrodescendants ?

Charlotte | C’est le pouvoir de la représentation ! Moi aussi, j’aime voir des contenus sur l’afrovéganisme de femmes noires qui me ressemble ou qui ressemble aux personnes de ma famille. J’ai dû mettre au pas mon algorithme. Car l’algorithme instagram tout comme celui de youtube s’est avéré être négrophobe et coloriste. Le véganisme a été pour moi un liant entre l’afrofeminisme, le panafricanisme et les luttes politiques des afrodescendants.

Les mécanismes d’oppression sont similaires et se recoupent. Il s’agit de mort, de déconsidération et de hiérarchisation des vies. De pillage, de voracité, d’invisibilisation. Et même de sexisme comme on peut le lire dans La politique sexuelle de la viande de Carol J. Adams. Cela fait 3 ans que j’écris sur ces questions là. Ce n’est pas un livre qui s’improvise ! Les questions sont sérieuses et me tiennent trop à cœur. Affaire à suivre !

RTM | Dans un IGTV sur ton compte, tu reprends les mots de Angela Davis qui aborde les difficultés à aborder les questions de l’alimentation et de la consommation notamment chez les militants. Qu’est-ce qui selon toi rend cette question si dicile à aborder ou à prendre en compte ?

Charlotte | Apprendre qu’Angela Davis est vegan et l’entendre sur le sujet m’a confirmé ce qui n’est que le fruit de ma pensée et de mes recherches non cadrées par l’enseignement supérieur. Elle a fait autorité et m’a forcé à continuer de creuser sur le sujet et à ne pas décorréler les luttes. J’étais obligé de partager cela !

Selon moi, le mouvement vegan ayant été pris d’assaut par les blancs, il a été de fait, ethnocentré. Comme pour le féminisme mainstream, on y retrouve les mêmes mécanismes d’exclusion. Beaucoup de femmes noires et métisses ont connu cette difficulté à se dire féministe, car le féminisme en question n’est pas universel. Et bien, je vois la même incapacité à penser l’universel dans le véganisme et la même difficulté pour la personne noire à se sentir concernée.

La parole entendue peut être extrêmement problématique. Mais lorsqu’on fait le lien entre le capitalisme, le néolibéralisme, la hiérarchisation des vies, la participation et le renforcement chaque jour qui passe, à ce système qui tue et qui nous tue, tout s’éclaire.

Aborder le véganisme, comme l’une des clés de sortie vers l’émancipation peut être une option. On est d’accord, que le véganisme et même l’afrovéganisme ne répondent pas à tout. Mais l’afro véganisme comme je peux le voir a sa part à apporter face aux inégalités, au racisme dans le système de santé, l’injustice climatique, une émancipation financière en se tournant vers nos héritages et ce, en respect. Je le vois comme un minimum. Comme ne pas tirer contre son camp. Et n’empêche en rien de s’investir dans les luttes. Le carnisme est vite debunkable, l’afrovéganisme est de plus en plus accessible. Cela permet de passer à l’étape suivante. Il s’agit de ne pas s’amuser à placer l’afrovéganisme comme un concurrent de luttes, mais de le penser, comme agissant en synergie.

RTM | Etant originaire des Caraïbes, la question du veganisme prend également une autre dimension. Quelle urgence il y a -t-il justement pour les populations des îles à repenser leurs consommation ?

Charlotte | A mon sens, cela relève effectivement de l’urgence. Le véganisme permet de miser sur sa richesse, d’investir sur ces acquis. Faire primer le savoir de nos anciens. Le climat tropical rend la végétation riche. Avec le chlordécone, j’avoue que je me suis sentie abattue. Je me suis dit, ils ont tué nos dernières richesses. Ils ont gagné. Mais j’ai bon espoir avec les cultures hors-sols, les initiatives de permaculture, de faire vivre et de vivre de son savoir et de sa richesse.
En effet, je vois le véganisme comme une clé de pouvoir face à la “béketterie” (cette organisation de squatteurs ayant pour but de perpétuer les privilèges des békés et de maintenir le Noir en position servile et de dépendance). En s’appropriant les terres disponibles, la végétation, en travaillant avec elles dans un respect, peut permettre de s’extraire sur le plan alimentaire et bien plus encore de la consommation en supermarché qui pour la plus grande part ne sont pas détenus par des Antillais noirs.

L’indépendance alimentaire prépare à l’émancipation et à l’indépendance tout court. Il y a un discours très intéressant de Thomas Sankara sur l’indépendance alimentaire et la souveraineté. Là encore il est question de pouvoir et parce qu’il y a oppression de rapports de forces. Et c’est ça, dont il est aussi question.
La pollution des mers, les océans et mers qui se vident est quelque chose qui parle directement. Les pêcheurs devant aller de plus en plus loin en mer pour gagner leurs vies, leur commerce a été compromis. Et nous avons bien participé de par notre consommation. Me situant dans l’hexagone, il n’est pas concevable de participer consciemment, à tout cela et aggraver la situation là-bas. Il n’est pas question de participer pour un plaisir de bouche, à l’appauvrissement et à la peine des miens en renforçant les système d’oppression et d’asservissement qui ne demande qu’à gagner en puissance.

Crédit : @Plantankh // afrovéganisme

Les taux d’obésité, d’AVC, de diabète, les scandales sanitaires, il est urgent de se tourner vers la nature, les végétaux pour se préserver. Il est urgent de mettre le bon carburant dans notre machine. Je pense qu’il faut réactiver son instinct de survie et de préservation. Ce qui se passe, est très grave. On veut tuer mon peuple ou l’asservir. C’est non.
De plus n’oublions pas que la gestion des catastrophes “naturelles” n’est pas la même, selon où l’on se situe sur le globe. De même avec les zoonoses. On le voit bien avec le Covid 19. L’eau coupée en Guadeloupe, le débarquement des touristes aux Antilles, l’hôpital dysfonctionnel. C’est extrêmement grave.

Chercher des réponses vers les savoirs ancestraux, permet bien souvent d’ouvrir les yeux, de prendre conscience de son pouvoir et de l’activer afin de se protéger et j’espère de s’extirper de ce piège antillanocidaire que l’on voit se resserrer sous nos yeux.
Heureusement, je vois les militants et activistes sur place qui font un énorme travail de conscientisation, qui mènent des actions coups de poings et des actions servant à bâtir un écosystème vertueux et assumé. Comme le fait Sé Jaden avec son organic farming agroécologique par exemple.

RTM | Que conseillerais-tu à celles et ceux qui ne savent pas par où commencer pour transitionner vers une alimentation vegan ?

Charlotte | Je leur conseillerai d’écrire ce qui concrètement les empêche de passer végan ainsi que leurs questions bloquantes. Et de venir me contacter sur Afrovnews ou Plantankh. On debunkera tout cela ensemble ! (rire)

Je leur conseillerai également de faire un bilan sanguin approfondi chez le médecin avant de passer le pas.

Portrait Charlotte // Afrovéganisme

RTM | A quoi ressemblerait une assiette décolonisée ?

Charlotte | Une assiette riche en couleurs, en fruits, légumes, légumes racines et condiments péyi/mboa. Et de la sauce ! On a l’art de la sauce !

RTM | Quel est ton plat traditionnel vegan préféré ?

Charlotte | Coté Guadeloupe: Dombré lentilles, diri pwa rouj ou pois d’angole, lentilles ! Avec sa petite sauce chien des familles. Je pourrai manger ça tous les jours, matin midi et soir.

Coté Cameroun, c’est le BH (Beignet-Haricot) qui est resté végan. Mais en vrai c’est le Ndolé (toujours coté Cameroun). Le Ndolé vegan de chez Moussa L’africain me met les larmes aux yeux à chaque fois. Je pensais ne plus jamais pouvoir en manger à l’extérieur. Et puis, j’ai découvert ce superbe restaurant black couple owned ! Il font aussi du riz sauce arachide/Mafé vegan. De vrais délices !

RTM | Si tu devais nous citer 3 comptes Instagram afro vegan qui t’inspirent ?

Charlotte | Mon inspiration numéro un sur instagram est de Myepiphany. Elle challenge mon champ des possibles. Black love, libre, vegan, faussement unbothered mais tellement unapologetic. Bref, tout ce que j’aime et tout ce qui me fait rêver. J’affectionne également l’instagram et la chaine youtube de Rachel Ama que j’ai pu découvrir grâce à ma sœur il y a trois ans. J’apprécie beaucoup Jegbese sur Instagram également. Côté francophone, j’aime voir différents visages noirs afrovegane. Celui de cheffe Alicia Makanja (créatrice végétale afro-caribéenne d’origine Martiniquaise) pour sa fabuleuse cuisine. Elle a un sens de l’équilibre des saveurs incroyable. Son savoir-faire est sûr ! Cheffe Glory Kabe est aussi une femme que j’aime voir prospérer et ask_Ayaba qui est allée apprendre les techniques gastronomiques africaines directement sur place !

Elle a été la pionnière pour ce qui concerne la cuisine Afrovegan en France elle m’a aussi fait comprendre que c’était possible de végétaliser ses plats péyi sans trahison ! Il y a aussi le compte de Mâadili.kan, Hélène est une mine de savoir holistic afrocentrée. Une très belle âme. J’ai eu la chance de la rencontrer, lors du premier salon afrovegan de France et d’Europe qu’a créé la fabuleuse Lysiane elle aussi afrovegan d’origine Ivoirienne. Je compte d’ailleurs parler d’elle prochainement sur AfroVnews. Et évidemment je me devais de penser à Fanmlanmou pour son aura et sa magie également afrovegan, cette femme a le pouvoir d’une muse.

RTM | A quoi ressemblerait la société du future unapollogetic et radicale ?

Charlotte | Question diffcile… Une société unapopologetic et radicale serait la symbiose de ce que j’ai pu intégrer des différentes productions de Fania Noël concernant ” l’afrofémnisme révolutionnaire”, d’amour de soi et des siens façon @afrondolo, d’ubuntu et donc d’afrovéganisme. Le tout saupoudré de la liberté de mon instagrameuse préférée Myepiphany. Ce serait une société flamboyante, harmonieuse se préoccupant d’une réelle coexistence avec et parmi les siens.

RTM | Et enfin, qu’est-ce qui fait de Charlotte une Reine Des Temps Modernes ?

Charlotte | Son trône. Ce dernier étant fabriqué à partir de matériaux précieux comme les valeurs, l’amour pour ses communautés, la quête éternelle de liberté. Le tout est imperméabilisé par un semblant d’humour et minutieusement assemblé par un sens certain des réalités.“Je suis parce que nous sommes”.



2 Commentaires

  1. Je crois que je n’ai jamais lu une telle interview de ma vie c’etait beaucoup trop court, cette jeune femme est incroyable, on veut en savoir plus on veut la suivre , merci pour cette magnifique découverte. J’ai déjà commandé les livres que Charlotte nous recommande.

    Merci à elle merci pour son travail, merci à vous deux. Je ne pouvais pas mieux commencé cette année!

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