Nos amours

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Le vide est revenu en même temps que tu as disparu. Tu as emporté les battements et les sourires pour ne laisser que ce calme plat. Mon cœur se cherche depuis ton départ, il ne rit plus depuis notre histoire. 

Je n’ai plus le souvenir de ce qui a fait tout commencer, de ce qui m’a fait vibrer la première fois, de ce que tu as dit ou fait pour que je tremble. Je me rappelle seulement que, imperceptiblement, j’ai ressenti un bien-être en moi, quelque chose de doux et de joyeux, quelque chose qui caressait mon cœur et rendait à mon corps cette tendresse que je ne m’offrais plus. Dès lors, j’étais envoûtée.

Alors oui, plein de petites choses sont venues me plaire ensuite. Il y a eu des douceurs et des silences, des rancœurs puis des absences. Il y avait ces matins qui t’appartenaient et ces temporalités dont je te destituais. Nous avions volé le temps. Nous l’avions suspendu.

Entre nous, il y avait la vie. Cette vie commune que nous ne partagions avec nul autre. Elle était notre secret et notre errance, notre projet et notre romance.  Nous avions cherché dans les livres des histoires pareilles à la notre mais celle que nous vivions ne se racontait pas, nous l’écrivions à mesure que nous la traversions. Elle nous traversait aussi. Et elle nous emportait. Et nous nous emportions. Et elle nous portait loin dans les ravages, les mirages et les naufrages. Nulle barque ni bateau, nous survivions à la force de nos êtres, nous nous noyions l’un dans l’autre et l’un pour l’autre. Nous avions créé nos propres tempêtes qui faisaient revivre, à chaque fois, le torrent de fougue qui nous a saisi la première fois. 

Jusqu’où jour où cette vague a été plus forte que nous. Elle nous a avalés et, ce faisant, nous a éloignés l’un de l’autre. Malgré mes tentatives pour atteindre le rivage et revoir ton image, je m’enfonce dans cet océan d’amertume qui ne laisse vivre que ton souvenir. 

Je ne veux plus les entendre tes rires, je ne veux plus te voir rire. Je ne veux rien qui puisse, encore, me faire tomber amoureuse de toi

J’ai scellé mon cœur à cause de toi et ce vide que tu as laissé en partant. Comment peux-tu remplir ainsi ma vie et oser t’en aller ensuite comme si de rien n’était ? J’ai faim de ton amour et soif de ta tendresse. Je n’ai nul appétit depuis que tu es parti…

Je souffre de ton absence, de ta présence si grande et pourtant si lointaine. Reprends tous tes mots, nos éclats de rire et nos regards. Rends-moi amnésique de ta connaissance afin que je t’oublie pour toujours. 

Je veux me rappeler ces moments quand je serai assez vieille pour que me souvenir. J’aurai alors cette ivresse qui me chatouillera et me dira combien il était bon d’être aimée. J’espère qu’à ce moment-là, d’autres t’auront remplacé et rempli mon cœur du vide que tu lui laisses. J’espère penser à toi comme un enivrement parmi tant d’autres que j’aurais connu après toi. 

J’imagine t’oublier et ne plus savoir ton nom. Notre romance, anecdotique, disparaîtra dans les limbes. Ta présence ne sera plus qu’un éphémère souvenir qui s’en ira avant même que le temps ne fasse son travail. 

Qui es-tu bel inconnu ? Que sens-je en ce moment même ? Es-tu réel ou simplement l’objet de mes désirs ? Je fantasme ton être mais tu n’existes déjà plus ! Je t’ai renvoyé dans le néant auquel tu appartenais avant que je vienne ensoleiller ta vie. 

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