Elle s’appelle Meïdy Guiovanna, et elle est la fondatrice de la marque “Les Dlices de Nanah”. Une société qui propose une gamme de barres et de muesli dont l’ingrédient de base est le manioc. Elle est notre QUEENSPIRATION de la semaine !

 

RTM | Bonjour Meïdy, peux-tu te-présenter pour nos lectrices et lecteurs ?

Meïdy | Bonjour la team RTM, je me prénomme Meïdy Giovana. J’ai 24 ans et je suis actuellement à la tête d’une petite entreprise, les Dlices de Nanah, qui propose des barres de céréales à base de farine de manioc et de fruits séchés originaires de la Guadeloupe. L’une des spécificités de nos barres est notamment l’utilisation du miel comme sucre léger pour accompagner nos produits.

 

“Nous vivons à une époque où le nombre de personnes intolérantes est croissant…”

 

RTM | Revenons sur la genèse des Dlices de Nanah. Racontes nous les débuts de cette aventure ?

Meidy | Les Dlices de Nanah est né en 2016. Il y a un peu plus d’an. Tout a commencé à l’époque du lycée. J’ai fréquenté le lycée agricole de convenance en Guadeloupe et au cours de notre dernière année, avec 10 camarades, nous avons participé au concours « Entreprendre au lycée ». Nous avons eu l’idée de proposer des barres de céréales à base de farine de manioc. Suite à cela, nous avons tous pris des chemins différents mais le concept est resté dans un coin de ma tête.

Une fois le lycée terminé, j’ai décidé de m’orienter vers l’agro-alimentaire. Dieu seul sait pourquoi (sourire). Je suis ensuite partie un an en Angleterre, puis je suis rentrée en Guadeloupe où j’ai fait 2 ans d’IUT à Saint Claude. J’y ai suivi un DUT Génie Biologique, option agro-alimentaire et biologique. Entre temps, je suis tombée enceinte et j’ai perdue ma mère. Ces deux évènements m’ont poussé à prendre la décision de rester en Guadeloupe, auprès de ma famille.

Cependant, d’un point de vue professionnel, je me suis vite rendue compte que les entreprises agro-alimentaires étaient quasi inexistantes sur le territoire. J’ai donc décidé de reprendre cette idée de barres de céréales et d’améliorer le concept. Au delà des barres de céréales, les Dlices de Nanah, c’est également du Muesli à base de farine de manioc.

RTM | Quels sont les bienfaits d’un produit comme le Manioc ?

Meïdy | La farine de manioc, c’est le produit que vous devez absolument connaître si vous êtes intolérant au gluten par exemple. Le manioc est riche en gluten, riche en fibre, il permet notamment de soigner les problèmes de digestion. Nous vivons à une époque où le nombre de personnes intolérantes est croissant, que ce soit au lactose, au gluten ou autre. Et en parallèle, nous avons la chance en Guadeloupe notamment d’avoir des produits locaux riches et sains.

RTM | Qui est la fameuse « Nanah » qui t’a inspiré le nom de ta société ?  

Meïdy | Il s’agit de ma fille qui se prénomme Naïlah. Nanah, c’est son surnom. Elle est ma principale source de motivation quotidienne.

 

 

RTM | Travailles-tu avec une équipe ?

Meïdy | Pour le moment, je suis seule. Seule sans vraiment être seule car je collabore avec énormément de personnes. Je suis seule mais pas isolée.

Mon laboratoire se trouve à mon domicile. Une pièce spéciale y est réservée à mes activités. Il faut savoir que je fais tous les produits moi-même, de la transformation à l’emballage, des expéditions aux livraisons.

Sur le long terme, je cherche à constituer une équipe pour continuer de me développer. J’ai du nouveau matériel qui va bientôt m’être livré et qui me permettra notamment de produire en plus grande quantité et de pouvoir exporter.

RTM | Après un peu plus d’un an d’activité, où en es-tu en termes de développement ?

Meïdy | Comme je te le disais juste avant, étant seule, je dois tout faire toute seule, y compris la distribution. Actuellement, nos produits sont disponibles dans plusieurs boutiques sur la Guadeloupe.

Nous sommes présents dans une boutique à Sainte-Rose qui s’appelle « Le paysan de fruits et légumes ». Nous sommes également présents à la boutique bio de Destreland. L’objectif est d’être présent dans toutes les villes stratégiques du territoire.

L’année 2018 a été une année déterminante. Pas mal de changements sont entrain de s’opérer. La structure va changer de nom, il y aura toujours la symbolique « Nanah » mais je souhaite aujourd’hui me tourner vers l’international. Donc affaire à suivre. Je pourrais en dire plus prochainement.

RTM | Tu parlais d’exportation. Quelles sont les destinations qui t’intéressent pour votre déploiement ?

Meïdy | La Guadeloupe reste une île, avec un marché restreint. Surtout, j’ai en tête la diaspora antillaise présente dans l’hexagone qui raffole des produits qui leur rappellent les Antilles. D’où la nécessité dans un premier temps d’être au moins présent sur l’hexagone. Ensuite, évidemment que je souhaiterais que mes produits soient présents dans le plus de pays possibles, sans aller à l’autre bout du monde, je pense aux différentes îles de la Caraïbe. Ce n’est pas un passage obligé mais c’est un choix réfléchit et assumé car ma volonté est de faire connaître nos produits du terroir le plus largement possible.

 

“Le secteur de l’agro-alimentaire, en Guadeloupe notamment, est très fermé, il y a de vrais monopoles dans ce secteur, donc quand on débarque en tant que jeune femme, ce n’est évidemment pas simple.”

 

RTM | L’entrepreneuriat, choix assumé ou contraint ?

Meïdy | Aujourd’hui, avec du recul, je me rends compte que j’ai toujours été tourné vers l’entrepreneuriat. Ce n’est pourtant pas quelque chose que je pensais vouloir. Parfois, la vie choisi pour nous. Choix assumé malgré moi.

RTM | Maman et chef d’entreprise, c’est compatible ?

Meïdy | C’est un vrai challenge qui demande une certaine organisation. Mais rien n’est impossible et chaque jour je me rends compte qu’il n’y a pas de raison que ce ne soit pas compatible.

RTM | Le secteur de l’agro-alimentaire ne paraît pas très féminin au premier abord. Illusion ou réalité ?

Meïdy | Le secteur de l’agro-alimentaire est loin d’être sexy, glamour ou encore féminin. Personnellement, je préfère parler de concept de l’agro-alimentaire pour décrire ce qui me plait dans ce secteur. L’agro-alimentaire, plus largement, c’est aussi ce qui est en lien avec la santé, le fait de bien manger avec gourmandise. Le secteur de l’agro-alimentaire, en Guadeloupe notamment, est très fermé, il y a de vrais monopoles dans ce secteur, donc quand on débarque en tant que jeune femme, ce n’est évidemment pas simple. Mais on s’accroche, et on fait la différence avec ce qui pourrait aux yeux de certains nous desservir.

RTM | Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer ?

Meïdy | Je lui dirais courage (sourire). Je lui dirais de se lancer dans un projet qui lui plait avant tout, de ne pas laisser la vie lui dicter ses choix. J’aurais pu, en rentrant en Guadeloupe et ne trouvant pas de travail, m’orienter vers un secteur qui ne me convient absolument pas ou qui n’a rien à voir avec mes centres d’intérêts ou ce que j’aime faire. Créer son entreprise ce n’est pas simple mais il y a une multitude d’exemples qui prouvent que c’est possible.

RTM | Tu nous disais précédemment que l’un des aspects de l’agro-alimentaire qui te plait le plus, est le fait que ce secteur soit lié au « bien manger, au bien être ». Ce marché est-il en pleine expansion en Guadeloupe ?

Meïdy | Le taux d’obésité en Guadeloupe est largement au dessus de la moyenne. Nous ne faisons pas assez de sport, nous consommons des produits dont le taux de sucre est également largement au dessus de la moyenne. Nous valorisons les produits importés or nos terres produisent des produits de qualité que beaucoup pourraient nous envier. Il y a cependant un intérêt grandissant pour nos produits, nos fruits, nos légumes, nos racines.

L’agro-alimentaire permet justement de répondre à ces nouvelles problématiques en proposant des transformations innovantes. C’est ce que je propose avec les Dlices de Nanah, la valorisation d’un produit du terroir sous la forme d’une barre de céréales.

 

 

RTM | Si tu devais nous citer des femmes qui t’ont inspiré ou qui t’inspirent encore aujourd’hui ?

Meïdy | Je dirais ma mère et ma tante. Ma mère était une femme forte, avec beaucoup de caractère et un esprit entrepreneurial très développé. Leurs parcours m’ont beaucoup inspiré. D’un peu plus connu, je dirai Oprah Winfrey.

RTM | Ton mantra que tu répètes quand ça ne va pas ?

Meïdy | « Fanm Fo paka tombé », en français « Une femme forte ne tombe pas ».

RTM | Quel est ta petite routine quand tu sens que ton moral est en baisse ?

Meïdy | Je vais danser, m’amuser, faire la fête comme tous les jeunes. C’est important de garder ces moments pour soi, pour se faire plaisir. J’aime également faire du shopping, je suis très coquette. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on est dans un secteur peu sexy que l’on ne doit pas l’être. J’aime me sentir femme, assumer ma féminité.

RTM | Qu’est ce qui fait de Meïdy une Reine Des Temps Modernes ?

Meïdy | Je n’ai pas peur d’échouer. Je répète que je n’ai que 24 ans et que si j’échoue, ce n’est pas bien grave. Je ferai peut-être autre chose ou je me lancerai dans une autre aventure entrepreneuriale. Je ne veux simplement pas avoir de regrets.

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