A mes deux Amours

L’une m’a vu naitre, l’autre m’a vu grandir.

L’une est le berceau de mes ancêtres et l’autre à fait de moi l’une de ses enfants au sein de sa patrie.

L’une m’a vu faire mes premiers pas, l’autre m’a vu essuyer mes premières chutes.

L’une coule dans mes veines, l’autre a réussi à se créer une place dans mon cœur.

L’une est mon identité, l’autre ma nationalité.

Elles font toutes les deux parties de moi. Il me serait impossible de choisir.

L’une est ma mère patrie, l’autre ma très chère terre d’asile.

Deux pays, deux continents, deux Amours.

L’une a planté en moi la graine du savoir, l’autre s’est chargé de la cultiver, de l’affiner.

Pendant longtemps, j’ai été tiraillé entre mon devoir de fidélité envers ma mère patrie et l’amour quasi honteux que je portais à la terre qui m’a accueilli.

« Tu ne lui appartiens pas…

Ce n’est pas ton pays…

Tu n’es pas la bienvenue…

Retourne chez toi »

Je me suis souvent sentit comme un enfant prit entre le divorce « agité » de ses parents.

Mon parent au cassier judiciaire bien remplis (esclavage, colonisation…) ayant obtenu ma garde, je me devais de ne pas trop lui manifester de sentiment, par loyauté envers mon parent meurtri.

« Tes papiers disent une chose, mais ta mélanine en dit une autre… 

 Ils font semblant de t’aimer… 

N’oublie pas d’où tu viens, tu n’es pas l’une des leurs… »

Mais comment s’épanouir ? A qui s’identifier ?

À qui j’appartiens ? Qui a le plus de légitimité sur moi ?

Comment faire lorsque vous êtes bercé entre deux cultures si différentes l’une de l’autre ?

Je trouve que l’on ne donne pas assez la parole à ceux qui grandissent ou ont grandi tirailler entre deux cultures. Ils sont obligés, à un moment donné, de choisir entre les deux. Soit l’une et tu es taxé de communautariste anti-intégration, soit l’autre et tu passes pour un traitre souffrant d’un profond sentiment d’infériorité.

Et puis, pourquoi être obligé de choisir ?

Pourquoi je ne peux tout simplement pas faire parti des deux ? Pourquoi je ne pourrais pas me sentir pleinement comme une enfant de la patrie, tout en étant fière du berceau de mes ancêtres ?

J’ai finalement décidé de ne pas choisir.

Je suis née dans le pays des Lions Indomptables et j’ai grandit auprès de la Marianne.

J’ai deux pays.

Deux Amours.

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