Self-Care = Self-ish ?

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Si vous n’avez pas décroché des réseaux sociaux ces derniers mois, la fin d’année 2017 a pu être extrêmement éprouvante : Black Face de Griezman, , vente d’esclaves en Libye, « Nuit des noirs » du carnaval de Dunkerque, l’éviction de Rokhaya Diallo du Conseil du numérique, l’affaire Weinstein et le mouvement « Me too » / « Balance ton porc »… Bref la liste est longue et l’année 2017 a pu sembler psychologiquement éprouvante pour bon nombre d’entre nous !

À bas les réseaux sociaux !

A plusieurs reprises, j’ai été tenté de déconnecter de Facebook, Twitter et Instagram. Je me confesse. Je n’ai pas réussie. J’ai cependant pris plusieurs résolutions : celle de mettre mon téléphone sur mode avion lorsque je vais coucher (oui, je faisais partie de cette catégorie de personnes qui se réveillent dans la nuit pour naviguer sur Facebook), mais également de ne plus commenter ou répondre aux commentaires (Ras le C*** des sessions de pédagogies).

J’ai de plus en plus de mal à regarder les informations sur la toile. Les algorithmes Facebook n’aidant pas car j’ai souvent les mêmes sujets qui apparaissent, en lien avec mes centres d’intérêts, mes convictions, « mes combats ». Je ne vous parle même pas des informations télévisées. Cela fait déjà quelques années que j’ai renoncé au petit écran.

Il y a malgré tout, une fonctionnalité Facebook que j’affectionne tout particulièrement en ce moment : l’option ENREGISTRER car elle me permet de faire le tri parmi les articles qui m’intéressent et de prendre le temps dans la journée, au moment souhaité, de les lire.

L’impression de ne pas être assez ! 

Il y a quelques mois, j’écrivais un billet d’humeur qui s’intitulait « L’impression de ne pas être assez ». Je m’y confiais sur cette pression que l’on pouvait ressentir avec l’émergence des réseaux sociaux. Une pression qui nous pousse à ne jamais se sentir « suffisant.e ». « Pas assez sportive, pas assez féministe, pas assez afroféministe, pas assez engagée, pas assez healthy… ». En effet, difficile lorsque l’on navigue entre tous ces badbuzz et toutes ces tristes nouvelles de trouver sa place et de savoir comment réagir : « est-ce que je dois partager cette information autour de moi même si personne ne la lira ? est-ce que je dois en parler autour de moi et encore passer pour la relou de service ? est-ce que je dois signer cette pétition sans savoir si il y aura vraiment une suite ? est-ce que je dois participer à cette énième manifestation ? est-ce que je dois contribuer à cette campagne de crowdfunding super cool alors que mon compte est à -300 ? ». Les combats semblent être partout et de toutes parts.

Self-care !

Dans ma liste des auteurs à lire en 2017, il y avait la poétesse afroféministe et lesbienne Audre Lordre à qui l’on doit l’essai « A burst of light »sorti en 1988. Dans ce même ouvrage, elle traite de la notion du Self-Care (Prendre soin de soi).

« Prendre soin de soi n’est pas de l’égocentrisme, c’est de l’auto-préservation, c’est un acte de combat politique ». 

En tant que femme racisée, elle explique l’importance du « Self-care » notamment pour les personnes issues de groupes minoritaires dans une société où le racisme et le patriarcat (pour ne citer que ceux là) ont encore de beaux jours devant eux. 30 ans plus tard, la notion de Self-Care est d’autant plus d’actualité. Elle s’est même fait une place centrale dans la culture populaire. Ne serait-ce que la semaine dernière, l’artiste Solange annonçait sur son compte Instagram qu’on lui avait diagnostiqué une dystonie neurovégétative qui ne lui permettait pas de se produire au Festival Afropunk de Johanesburg. Une période difficile, pendant laquelle elle devait prendre le temps de prendre soin d’elle. Un sujet qu’elle abordait déjà dans sa chanson Borderline/An Ode to Self Care issue de son dernier album « A seat at the table ».

“Baby, it’s war outside these doors, yeah

A safe place tonight

Let’s play it safe tonight

Baby, you know what you’re fighting for

Baby, you know what I’m fighting for »

Self-Care = Self-ish ?

Mais il est pourtant difficile de savoir si ces moments de « Self-Care » et de « déconnexion » le sont vraiment. Lorsque je parcours mon feed Instagram en tapant le hashtag #SelfCare, mon humeur dépressive ne fait pourtant que s’accentuer. Difficile parfois de voir la nuance entre Self-Care et Self-privilège.

Non, je n’ai pas de baignoire pour me faire couler un bain avec de jolies pétales de rose. Non, je ne suis pas non plus assez souple pour les poses de yoga magistrales. Mon porte monnaie quant à lui ne me permet pas encore de me payer des restaurants gastronomiques pour me remonter le moral, ni pour me payer une chambre d’hôtel 4 étoiles juste pour le week-end. J’ai beaucoup trop la flemme pour me faire des smootie tous les matins (je n’ai même pas de blender). Et je n’ai pas non plus les moyens de me faire de sessions de shopping pour oublier les soucis de ma journée…

Heureusement, j’ai appris, en lisant notamment des articles sur des blogs d’autres féministes, en découvrant le travail de certaines artistes et en dévorant toujours plus de livres que le Self-Care ne se  limite pas à cela. Evidemment chacune fait en fonction de son porte monnaie. N’y voyez là aucun reproche à celles qui peuvent se le permettre.

Self-care / Auto-préservation

Si le Self-Care est devenue une notion centrale pour les féministes et activitistes de notre époque, c’est essentiellement parce que Self-care signifie surtout AUTO-INDULGENCE et respect de soi. C’est apprendre à savoir dire stop lorsque l’on sent que l’on ne peu plus. « Reculer pour mieux sauter » comme dit le diction. Prendre le temps de sortir la tête de l’eau, de demander de l’aide quand on en ressent le besoin. Ne pas s’en vouloir lorsque la fatigue prend le dessus. C’est accepter de lâcher prise pour mieux reprendre le contrôle.

Dernièrement, je regardais le dernier spectacle de Dave Chapelle sur Netflix (que je vous conseille en passant) où il disait qu’il ne voulait pas être un héros, car les héros meurent de mort prématurée… Nous n’avons pas besoin d’être les héros de nos propres vies. Nous avons simplement besoin d’être nous même. C’est en étant nous même, en devenant la meilleure version de nous même, que nous pourrons aider à faire avancer tous ces combats. Chérir nos défauts, développer nos qualités, embrasser son passé, se pardonner…Je pense d’ailleurs que le meilleur investissement Self-Care que j’ai pu faire cette année, c’est mon abonnement Netflix !

En claire Mesdames, choisissez vos combats, mais surtout n’oubliez jamais de toujours vous choisir en première position, quoiqu’il arrive.

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