Si je devais décrire Dydy en un mot, ce serait surement : Sensible. Une jeune femme talentueuse dont la sensibilité se reflète à travers son art, la coiffure, son contact, toujours humain et surtout sa relation avec le monde qui l’entoure. Aujourd’hui je vous propose de découvrir une jeune femme passionnée et passionnante, sensible et sensée, qui a gentiment accepté de nous parler de sa passion pour la coiffure, de ses rêves et de son parcours.

Crédit photo : @winniepix

Wendie – Bonjour Dydy, première question. Qui se cache derrière DydyNaturalHAirLover ?

Dydy – Très peu de personnes le savent mais mon véritable prénom est Leslie. Mais la plupart de mon entourage m’appelle désormais Dydy. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai souvent l’impression que Leslie n’existe plus trop.

Je suis née à Paris mais j’ai grandi en Martinique jusqu’à l’âge de mes 20 ans. Date à laquelle j’ai eu envie de découvrir de nouveaux horizons, de voler de mes propres ailes, un peu comme tous les adolescents du même âge. J’ai donc décidé de m’envoler pour Paris, ville où se trouvait une bonne partie de ma famille. C’est ce qui a influencé mon choix de destination.

Arrivée ici je me suis inscrite pour un BTS Assistance de direction/Assistante Manager. C’est d’ailleurs le métier que je pratique aujourd’hui en parallèle de ma passion pour la coiffure. Bien que ce ne soit pas la seule passion que j’ai.

Wendie – En parlant de coiffure, tu es aujourd’hui coiffeuse indépendante en parallèle de ton activité d’assistante de manager. A quel moment la coiffure est-elle entrée dans ta vie ?

Dydy – La coiffure a toujours fait partie de ma vie. Récemment mes cousines me rappelaient qu’à l’époque je coiffais leurs barbies. J’ai toujours aimé ça. Je coiffais mes cousines, ma sœur, je me coiffais aussi moi-même. J’ai appris à me couper les cheveux toute seule en observant mon coiffeur lorsque je patientais au salon. Au début forcément je me ratais, puis à forcer de pratiquer, je réussissais à me faire de jolies coupes. Je coiffais aussi mes copines pour les dépanner.

Il faut dire que la beauté dans l’absolu, c’est quelque chose qui m’a toujours plu.

Je me suis beaucoup inspirée de ma maman qui est très coquette. Je la regardais se maquiller, se coiffer. C’est elle qui m’a d’ailleurs donné le goût des cheveux courts. A l’époque toutes les femmes recherchaient la longueur pour leurs cheveux, et elle, était magnifique avec ses cheveux courts. Elle m’a tout appris, à me tenir, à me maquiller.

La coiffure a toujours été l’élément, pour moi qui permettait de voir si tout va bien ou non. Tu me crois si je te dis que je n’arrive pas à voir si un vêtement me va si je ne suis pas coiffée ? Ca fait partie de moi. J’ai toujours aimé ça. 

Wendie – A quel moment décides-tu d’en faire une de tes activités ?

Dydy – Au début, je me disais que je coifferais pour m’occuper lors de ma retraite. Surtout que l’éducation antillaise que j’avais reçu me poussait à privilégier des postes en bureau pour la sécurité de l’emploi. C’est ce que j’ai fait dans un premier temps car je suis toujours assistante de direction pour une boite d’assurance. Au départ, je voulais même faire carrière dans ce domaine et monter ma boite.

Puis j’ai fait la rencontre de la célèbre Hair Stylist Felicia Leatherwood lors de la Natural Hair Academy. J’étais admirative face à son travail et ses créations. J’ai eu la chance d’échanger avec elle sur son travail et de lui dire que j’aurais beaucoup aimé faire ce qu’elle fait. Et naturellement elle m’a demandé pourquoi je ne le faisais pas, elle m’a demandé si je savais coiffer et m’a proposé de venir coiffer avec elle le lendemain lors de son workshop.

Le lendemain on déjeune ensemble et elle me dit que je coiffe bien, qu’il y a un vrai besoin pour la coiffure afro et que je ne devrais pas hésiter à tenter ma chance. Je me suis retrouvée face à mon destin.

C’est à ce moment que j’ai décidé de me lancer. Je ne savais pas par où commencer. Il y a deux et demi lorsque j’ai commencé, le métier de coiffeur spécialisés afro était quasi inexistant. J’ai donc décidé de me faire ma check-list avec les étapes à suivre pour atteindre mon objectif sur le court, moyen et long terme et jour après jour je cochais ma liste. J’ai commencé par mon examen de coiffure puis ma formation sans vraiment y croire. Mais au final ça a marché. Quand j’ai commencé à coiffer, j’ai senti le décalage entre mon métier d’assistante et ma passion de coiffeuse. La coiffure je le fais avec le cœur.

Aujourd’hui je suis coiffeuse indépendante et ça n’a rien à voir avec tout ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant. C’est vraiment ce que je veux faire de ma vie.

Au début c’était une passion, puis c’est devenu un rêve, et le rêve est devenu une réalité. Je peux le dire maintenant.

Crédit photo : @winniepix

Wendie – Qu’est-ce qui te plait au contact des cheveux ?

Dydy – J’ai un rapport particulier avec les cheveux afro. Je dis souvent que pour moi les cheveux sont comme les plantes. Ca réagit de la même façon. Ca pousse avec de l’eau, de la patience et de l’amour.

Ensuite, il a y aussi une question d’énergie. Mes cheveux à moi déjà, c’est ce qui me connecte à mon environnement, à ce qui se passe autour de moi. Quand je touche les cheveux que je coiffe, il y a un lien qui se crée. Le cheveu me connecte à la personne que je coiffe.

J’aime le cheveu afro, sa texture, la matière est juste incroyable et permet de faire des choses incroyables. Plus le cheveu est crépu, plus il y a possibilité de créer des structures. Je coiffe sans miroirs, mes clientes me font confiance.

Je trouve que les cheveux afro ont la forme des nébuleuses qu’il y a dans les cosmos, dans l’univers. Cette forme en spirale. Je ne pense pas que ce soit un hasard. Il y a une certaine énergie qui nous connecte au TOUT. Nos cheveux sont comme des antennes, ils nous connectent entre nous et ils nous connectent au monde dans lequel on vit.

Wendie – Envisagerais-tu de te consacrer uniquement à la coiffure ?

Dydy – A terme j’aimerais arrêter mon métier d’assistante et me consacrer à la coiffure afro et à la beauté noire en général. Je ne sais pas quelle forme ça prendra, dans quelle direction j’irai mais j’ai envie de faire quelque chose. A travers la coiffure, j’ai l’impression d’apporter ma pierre à l’édifice. Ce qui me motive à coiffer, ce sont les retours d’expériences des femmes que je coiffe, le fait que ces femmes une fois coiffées se sentent belles et confiantes. J’ai envie d’accompagner les femmes dans cette démarche-là, d’accompagner les femmes qui ont du mal à s’accepter.

J’aime la beauté noire, j’ai envie de propulser “Les Codes de la beauté noire” sur des podiums de défilés de grands couturiers. J’ai envie de voir plus de femmes être ce qu’elles sont avec leurs cheveux, leurs peaux et leurs beautés. On a certes fait un pas en avant mais j’ai envie qu’on aille plus loin.

J’ai envie d’être coiffeuse mais j’ai envie d’être plein de choses, et ça je l’ai découvert lorsque j’ai décidé de me lancer. C’est magique.

Wendie – Quels sont les services que propose DydyNaturalHairLover aujourd’hui ?  

Dydy – Aujourd’hui mon activité de coiffeuse indépendante me permet de proposer des “conseils”, des soins, des traitements, des coupes de transformation ou d’entretien, de la couleur et évidemment la coiffure des cheveux afros.

J’ai encore des choses à apprendre mais j’aimerais vraiment me spécialiser dans la coloration. Aujourd’hui je me considère comme afro coloriste mais j’aimerais pousser l’étude et l’analyse encore plus loin afin de perfectionner ma technique.

Crédit photo : @winniepix

Wendie – Ou peut-on te retrouver les services de Dydy ?

Dydy – Je coiffe de chez moi ou à domicile. Pour cela, il suffit de prendre rendez-vous. Je travaille aussi en partenariat avec Les secrets de Loly aujourd’hui, qui est une marque que j’aime beaucoup parce qu’ils ont des produits merveilleux.

C’est une marque que je connais depuis un certain temps, car ma sœur était l’une de leurs égéries. Ca faisait un moment que l’on se connaissait avec Loly mais nous n’avions jamais parlé ouvertement d’une collaboration. Puis l’opportunité s’est présentée et je suis contente de pouvoir travailler de temps en temps dans son espace.

Wendie – Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées pour en arriver là aujourd’hui ?

Dydy – Des difficultés j’en ai rencontrées oui et non. Les difficultés où l’on se pose 1000 et 1 questions mais auxquelles on a aucune réponse. C’est là que la difficulté se pose parce que le manque de réponse nous angoisse et nous fait peur. Mais face à cette difficulté, on a le choix de s’en servir comme vecteur pour aller vers ce que l’on veut réellement être, ou de rester dans sa zone de confort et paniquer.

Oui, j’ai rencontré des difficultés parce que je ne savais pas comment faire et quelle direction prendre. Mais je me suis servie de ces moments pour avancer et faire les choses différemment pour sortir la tête de l’eau, aller vers ce que j’avais envie de faire et ce que j’avais envie d’être.

Aujourd’hui je ne me pose plus trop de questions. Je fonce dans le tas. Je ne me laisse plus le choix, si j’ai envie de faire, je fais comme j’ai envie de faire. Même si je ne sais pas trop ce que ça va donner mais j’ai au moins la satisfaction d’avoir fait.

Wendie- Comment ton environnement a-t-il accepté tes décisions et ton choix de carrière ?

Dydy – J’ai la chance d’avoir une famille merveilleuse. Evidemment, au départ il y a eu des appréhensions, quelques oppositions, de l’incertitude, j’ai parfois eu des commentaires qui auraient pu me démotiver mais c’était toujours pour mon bien parce qu’ils étaient inquiets. C’est normal que nos parents s’inquiètent pour nous. Ils ont besoin de savoir que leurs enfants ont une stabilité et qu’ils ne manquent de rien.

Ma mère était inquiète au début car elle ne voyait pas trop l’intérêt de se lancer dans la coiffure surtout afro. Ce n’était pas très clair pour elle. Les aprioris ont évolué avec le temps en voyant notamment mon évolution. Mas maintenant quand ils me voient évoluer, ils sont contents et surtout ils sont fiers. Ma mère est fière de moi, elle m’encourage beaucoup et me le dit. J’ai besoin que ma petite maman soit fière de moi.

Wendie – Tu parles avec beaucoup de sagesse et de recul. C’est d’ailleurs quelque chose qui se dégage naturellement de toi. Un certain zen à toute épreuve. D’où te vient cet apaisement ? 

Dydy – ll y a eu une période de ma vie où je me suis posée beaucoup de questions, sur ce que j’étais, mon identité, mon rapport au monde, à moi-même, à ma spiritualité. J’ai paniqué car je ne trouvais pas de réponses et les connaissances que j’avais pu acquérir entre temps ne m’aidaient pas, j’étais perdue…J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui vivaient les même choses que moi, qui avaient les mêmes interrogations, nous avons échangés nos vécus, nos expériences et nos cycles de vie, cela m’a beaucoup aidé a comprendre et voir les choses différemment de mes certitudes. Ces rencontres m’ont aidé à m’apaiser et à m’aligner avec moi-même.

Aujourd’hui je pense que je suis simplement plus en accord avec moi-même. Je ne pense pas avoir terminé ma quête, je continue de m’interroger mais j’ai le sentiment d’être en accord avec moi-même. C’est vraiment ça.

Crédit photo : @Khriss M Photographer

Wendie – Comment parvient-on selon à être en accord avec soi-même ? A s’aligner ?

Dydy – Je pense qu’il faut savoir accepter tous les questionnements que l’on peut avoir par rapport à soi-même et les appréhender comme des cycles. Prendre le temps de répondre à ces questions, c’est réussir à trouver l’équilibre, la paix et permettre à l’harmonie de s’installer.

Il faut apprendre à s’écouter. Je te parle évidemment de mon expérience personnelle. Lorsque j’étais dans cette phase de questionnement et que la panique s’installait, je prenais le temps d’écrire mes questions et j’essayais de trouver les réponses là où je pouvais. Les réponses tu les trouves d’abord en toi et puis dans tout ce qui t’entoure, dans l’Univers, dans le Tout. Je pense que nous faisons partie d’un tout et tout ce qui compose ce tout est lié, donc tout participe à répondre à nos questionnements lorsque nous sommes perdus… il suffit juste d’écouter… tout ce qui nous entoure. La réponse est là…

On ne peut pas tout régler en même temps. Il faut apprendre à être patient avec soi-même. C’est normal de se poser des questions. Essayer d’être soi-même c’est déjà la première réponse.S’écouter beaucoup car la plupart des réponses se trouvent en nous afin d’être la personne que l’on a envie d’être. A la question comment s’aligner ? Je réponds, il faut accepter “d’ETRE” avec tout ce qui nous compose tout simplement.

Wendie – Quelles ont été tes modèles en grandissant ?

Dydy – Ma mère est mon principal modèle. A mes yeux, c’est la plus belle femme du monde. Ma grand-mère avant elle aussi. Ainsi que toutes les femmes de ma famille, les sœurs de ma grand-mère que j’aime beaucoup. Je suis très proche de toutes les femmes de ma famille

Wendie – Qu’est-ce que ces femmes t’ont transmis selon toi ?

Dydy – L’amour inconditionnel. Ma mère est la définition de l’amour inconditionnel. Je ne connais personne qui aime aussi fort qu’elle. Ma grand-mère quant à elle incarne la force de caractère. Elle a vécu des choses très difficiles comme nombres de nos anciens. Ma grand-mère est un « poto mitan ». Les femmes de ma vie m’ont transmis cette notion d’amour inconditionnel et de force de caractère. Sans elles, je ne serais pas la Dydy d’aujourd’hui.

Wendie – Qu’est-ce que tu as envie de laisser à cette époque ?

Dydy – J’ai envie de marquer mon temps, de contribuer à ce mouvement dans lequel je m’inscris. J’ai envie de laisser une partie de mon talent, de ma personne, de mon cœur. J’ai envie de permettre, à mon échelle, aux femmes noires de s’assumer et de marcher la tête haute. Je pense qu’il est temps pour nous de se voir, de s’entendre et surtout d’être comme on a envie d’être.

Si demain on peut penser la beauté noire et faire référence à Dydy, j’aurais tout gagné. J’aurais le sentiment d’avoir participé à quelque chose. J’ai envie de contribuer à la valorisation de la beauté noire, mais pas que. Je voudrais utiliser toute mon énergie, mon intelligence, ma créativité et faire parti de ces acteurs qui se mobilisent pour l’avancée et la valorisation de la communauté noire.

Crédit photo : @Khriss M Photographer

Wendie – Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour les années à venir ?

Dydy – De l’amour. Pour moi c’est la source, c’est la seule chose dont j’ai besoin pour avancer. C’est mon essence, c’est ce dont j’ai besoin, c’est ma drogue, mon énergie. C’est ce qui m’aide à faire quand je n’ai plus la force.

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