On aime les femmes inspirantes chez Reines Des Temps Modernes. Vous le savez. On aime surtout ces femmes pétillantes, passionnées par leur métier. Notre QUEENSPIRATION de la semaine s’appelle Laetitia N’goto. Une jeune femme pleine de talent à qui l’on doit notamment l’incontournable festival Art Press Yourself.

Wendie – Bonjour Laetitia, pourrais-tu te présenter pour nos lectrices et lecteurs ? 

Laetitia – Bonjour Wendie, je m’appelle Laetitia N’goto. J’ai 30 ans. Je suis née à Bordeaux puis j’ai grandit à Lille jusqu’à mes 13 ans avant de venir m’installer à Paris dans le cadre de mon master I. Je suis d’origine centrafricaine.

Je suis à l’initiative du concept Art Press Yourself (APY), et actuellement directrice artistique. Je travaille aussi actuellement en freelance pour une structure que j’ai lancé qui s’intitule DARAJA Concept, une agence événementielle.

Wendie – Peux-tu nous en dire plus sur l’aventure Art Press Yourself ? Comment tout a commencé ? 

Laetitia – Tout a commencé à l’époque de mon master I. Avec une amie, nous fréquentions beaucoup d’événements sur Paris. Elle s’intéressait beaucoup aux cultures urbaines, au street basket et moi, ce qui m’intéressait c’était la culture afro, la mode plus précisément. Donc on s’invitait réciproquement aux différents événements que l’on repérait. Très vite, nous nous sommes rendues compte que ces événements étaient toujours fréquentés par les mêmes personnes et qu’il n’y avait pas vraiment d’efforts de fait de la part des organisateurs.

Nous nous sommes dit « pourquoi pas nous ? » et on a eu envie de réaliser l’événement de nos rêves. On se rendait compte que la culture afro urbaine était présente un peu partout et surtout que la culture issue des banlieues, des quartiers, la culture afro, inspirait la culture mainstream. C’est ce qui nous a motivé à lancer la première édition de Art Press Yourself.

Pour la première édition, nous avions choisi la thématique « Old School Vibes ». Le but, c’était d’organiser un événement avec un thème fédérateur. On voulait vraiment explorer ce thème à travers la mode, l’art, la danse, le fooding. On voulait surtout que les gens se disent : je n’ai jamais vu ça ailleurs !

Malheureusement, ma partenaire sur le projet a quitté le navire avant l’événement, donc je me suis retrouvée toute seule, avec des bénévoles, à mener à bien la 1ere édition.

Heureusement, le public était au rendez-vous. Pour la première édition, nous avons accueillis 400 personnes entre 16h et minuit. C’était une belle satisfaction.

Wendie – Je suppose que ça a rendu les choses beaucoup plus simple pour lancer la seconde édition ?! 

Laetitia – Oui, clairement. Tout d’abord parce que les bénévoles de la première édition m’ont suivi sur la deuxième édition. De même que ma famille qui était venue à la première édition. D’ailleurs ma soeur est actuellement presidente de l’association Art Press Yourself.

La thématique de l’édition 2 était « Johris ». Un mix entre Johannesburg et Paris. J’avais envie de revenir à la source. Je trouve que Johannesburg est la ville la plus représentative de la culture urbaine en Afrique. C’est très anglophones, et les francophones ne connaissent pas beaucoup cette métropole, mais les artistes sud-africains inspirent et surtout collaborent avec de très grandes marques (Adidas, Afropunk, Okay Africa…). Les artistes sud-africains réussissent à marier leur culture traditionnelle, leur héritage et la modernité. C’est plus de 600 personnes qui ont répondu présents pour la seconde édition.

Aujourd’hui APY, c’est plus qu’un festival. Grâce à notre visibilité sur les réseaux sociaux, on arrive aussi à donner de la visibilité à nos exposants, à nos artistes. Aujourd’hui, des marques, qui ont apprécié nos événements, nous contactent afin qu’on leur crée des événements sur-mesure pour leur public.

Cette année, à la Villette, dans le cadre de 100% Afrique, on a mis en place une animation pour les enfants. Nous avons aussi mis en place un pop-up store afin que les visiteurs puissent acheter des produits fait par des artistes et artisans africains.

Nous avons aussi organisé un marché pour une vingtaine d’exposants à la Rotonde Stalingrad. Et on est actuellement entrain de préparer deux événements qui se tiendront le 15 juillet et 26 août prochain à la Javelle.

Wendie – Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer dans le cadre de l’Art Press Yourself ?

Laetitia – Dans un premier temps, il fallait faire comprendre le concept. Lorsque j’expliquais le concept de l’APY à mes copines,  au début, elles ne comprenaient pas. A l’époque, on était habitué aux événements avec un DJ, une thématique, un exposant. Alors que moi, je voulais créer un événement où tout le monde s’y retrouve, les amoureux de modes, de dessins, de musiques, d’art visuels, de fooding. Je souhaitais qu’il y en ait pour tous les goûts.

Le deuxième problème, c’est le nerf de la guerre : l’argent. Le problème, c’est comment réussir à créer de la richesse. Comment faire pour que des gens te payent pour ce que tu fais. En fait l’argent, ce n’est pas vraiment le problème, c’est surtout où aller le chercher car il faut en trouver. Depuis 2 ans maintenant, j’ai la chance d’avoir une fondation qui nous soutient. Ca aide beaucoup.

Wendie – Pourquoi t’es-tu orientée vers le secteur évènementiel ? 

Laetitia – La première fois que j’ai eue à réaliser un événement, c’était dans le cadre scolaire. Je devais organiser un défilé pour 2 classes. Il fallait trouver une trentaine de mannequins, on était quatre sur le projet. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que j’aimais organiser des choses.

Ce qui me plait dans l’événementiel, c’est le fait de pouvoir créer de belles vitrines et surtout de pouvoir toucher un maximum de monde.

L’événementiel, j’adore ça, même si c’est beaucoup de stress pour une action ponctuelle et « éphémère ».  Je suis tombée dessus un peu par hasard mais à moyen / long terme, ce n’est pas mon projet final.

Wendie – Tu me lances sur quelque chose là. Quel est donc le projet final ? 

Laetitia – Je n’ai pas encore la réponse bien défini moi même J. Mais dans l’idée, ce serait de proposer quelque chose qui permettrait de rencontrer les créateurs et artistes, tout au long de l’année. J’aimerais pouvoir proposer le contenu de l’Art Press Yourself en continu. Je pense que ce sera sûrement un espace, mais qu’est-ce qu’il y aura dans cet espace ? Je ne sais pas encore clairement.

Wendie – Qu’est-ce que ça signifie pour toi le fait d’être une femme entrepreneuse noire ? 

Laetitia – Difficultés ? Je suis jeune, femme et noire. C’est trois éléments combinés peuvent ne pas rendre les choses forcément simple. Lorsque je démarchais les différents espaces pour la 1ère édition, j’ai bien senti qu’en face ils se disaient « qu’est-ce qu’elle est mignonne celle là ! ».  Certains lieux ne voulaient pas me proposer de partenariat car ils pensaient que je ne parviendrais par à remplir par exemple.

Mais avec le temps, j’apprends à faire de ces « faiblesses », des « forces ». J’en joue même. J’essaye de toujours redoubler d’assurance en toute circonstance. Ce n’est pas toujours simple d’évoluer dans un milieu qui n’est pas forcément le tien où les gens ont tendance à projeter sur toi certains clichés, ou certains complexes. J’essaye juste d’en avoir conscience et de toujours faire en sorte que ça joue à mon avantage.

Wendie – Quels sont les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’événementiel ? 

Laetitia – Dans un premier temps, quelque soit le concept, il faut qu’il soit original et novateur surtout dans le milieu afro. Des événements, il y en a tellement et surtout tellement qui se ressemblent, qu’il faut réussir à sortir son épingle du jeu. Par exemple, créer un événement sur le wax pour « démocratiser le wax », pour ça il n’y a aucune plus-value. Tout le monde fait ça. Sur le long terme, ça ne tiendra pas.

La deuxième chose, c’est d’être stratégique. Tout doit être pensé : le concept crée, les personnes avec lesquelles on travaille, les partenariats mis en place, les exposants que l’on sélectionne, les lieux que l’on choisit. La localisation est très importante si l’on veut ramener du monde, selon moi il vaut mieux être sur Paris et pas trop loin du métro par exemple. Il faut savoir être stratégique dans toutes les décisions que l’on prend pour sa structure et pour ses événements.

Wendie – Quelles sont les femmes qui t’inspirent au quotidien ou qui ont pu t’inspiré ? 

Laetitia – La première, bizarrement, c’est Victoria Beckham. De toutes les Spices Girls, ce n’est pas la fille sur laquelle j’aurais misé mais en suivant son évolution, je trouve que c’est une femme qui maîtrise totalement tant sa vie professionnelle que personnelle.

Ensuite, je dirai Solange Knowles, la sœur de Beyoncé. J’aime beaucoup sa démarche artistique. J’aime cette manière subtile qu’elle a d’associer business et art. Je trouve que c’est le contraire de sa sœur qui donne l’impression de tout faire pour plaire aux autres. Elle me donne l’impression de faire les choses comme elle le sent, avec le cœur, avec passion et ça me plait.

Les deux dernières femmes qui m’inspirent sont les organisatrices de la Natural Hair Academy : Clarisse Libene et Gladys Mandin de l’agence AKA. Je les ai rencontré il y a 4 ans, à l’époque où j’étais bénévole pour leur structure et aujourd’hui quand je vois le chemin parcouru, ce qu’elles ont réussi à faire de cet événement. Ce sont des femmes incroyables qui tout en développant leur business, continuent de créer de nouveaux concepts, gèrent leurs vies familiales et aident à promouvoir d’autres personnes.  

Wendie – Et qu’est ce qui fait de Laetitia N’goto, une Reine Des Temps Modernes ? 

Laetitia – Je pense que je ne me considère pas encore comme une Reine, mais comme une femme qui, à moyen terme, va le devenir. J’essaye petit à petit de me créer mon propre empire, mon propre royaume avec DARAJA Concept et l’aide d’Art Press Yourself. J’essaye de créer un empire qui me ressemble, en réunissant le maximum de personnes afin de promouvoir ces sujets qui nous touchent et nous parlent.

Je me considérerai comme une Reine Des Temps Modernes, lorsque j’aurais réussi à créer cet empire qui sera le reflet de ce que représente la double culture afropéenne. C’est en grandissant, en rentrant dans la vie active que personnellement j’ai pris conscience de ce que ça représentait d’être noire en France, d’être africaine et de la richesse que cela représentait. Je veux permettre au plus grand nombre de découvrir et d’admirer notre richesse.

Donc, je ne suis pas encore une Reine Des Temps Modernes, mais d’ici 2 ans, si les choses se passent comme je le souhaite, je le deviendrai.

Wendie – Quelles sont les événements sur les lesquels tu travailles à ne surtout pas manquer ?  

Laetitia – Les trois événements à ne surtout pas manquer sont :

  • 15 Juillet thème ‘AFRO POP’

à La Javelle – Guinguette effervescente (15ème arrondissement)

  • 26 Aout thème ‘AFRO TRADI’

à La Javelle – Guinguette effervescente (15ème arrondissement)

  • 3 et 4 Novembre ‘LE FESTIVAL ART’PRESS YOURSELF’ le thème ‘AFRO-FUTURISME’

au Pan Piper (11ème arrondissement)

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