Ce matin, une amie m’envoie un message me racontant son agression subit la veille dans le métro. Accompagnée d’une amie dans les transports en commun, elle se rend compte au bout de quelques secondes, que quelque chose se passe, quelque chose la touche. Au moment où elle se retourne et baisse la tête pour essayer de comprendre la situation, un homme, installé à côté d’elle, est entrain de se masturber. Il lui touchait la main du bout de son pénis camouflé sous son boubou.

On pourrait penser que ces événements sont isolés, mais il ne se passe pas une semaine sans qu’une de mes amies ou qu’une femme de mon entourage ne me racontent ce type de violences subie. Oui, je dis bien violences et non « incident », « accident » ou « mésaventure » car non seulement il n’en est rien et qu’en plus j’ai envie d’éviter tous ces euphémismes.

Dans un premier temps, j’ai d’abord envie de vous confirmer, mesdemoiselles, mesdames, que lorsque l’on vous touche dans le métro, lorsque l’on vous « reluque » avec insistance, lorsque l’on vous « psitt » dans la rue … Vous êtes face à un agresseur !! Sans parler des cas de viols, violences physiques et de violences verbales, évidemment, quelques soient les circonstances, vous faites face à un agresseur une fois de plus !

Cela faisait déjà quelques jours que j’avais envie d’écrire à ce sujet. J’avais envie d’écrire sur la responsabilité des hommes pour une fois. Bien trop souvent, on nous parle de notre responsabilité à nous les femmes dans ce genre de situation. Mais jamais au grand jamais, nous n’attaquons le problème à la source.

Entendons nous bien, je ne mets pas tous les hommes dans le même panier, mais messieurs, vous avez une certaine place dans la société qu’il va bien falloir que vous admettiez. C’est un peu le même problème que nous avons avec le #whiteprivilege. Il s’agit ici du  #menprivilege et il va bien falloir que ça change !

Hier soir d’ailleurs, j’avais une discussion avec Monsieur à ce sujet. Vous savez le genre de discussion où vous vous lancer dans un monologue où vous enchainez les questionnements, bien que vous ayez déjà les réponses à la fin de la conversation mais vous souhaitez absolument que le personne qui vous écoute fasse au moins semblant de comprendre tout ce que vous lui raconter.

Je lui expliquais que je ne supportais pas ce fameux Tyrese. Vous savez, l’acteur de Fast & furious, qui depuis quelques années présente des émissions et anime des conférences où il nous explique à nous, pauvres femmes pas assez intelligentes, les raisons de nos célibats, de nos ruptures à répétitions et de nos relations chaotiques.

Je venais de tomber sur une énième vidéos de Tyrese. Je tiens quand même à le répéter, l’un des acteurs principaux de Fast & Furious…Non pas qu’il n’ait pas le droit de donner son avis ou encore qu’il ne puisse se lancer dans une carrière de prêcheur de bonnes paroles afin de sauver nos âmes infâmes. Mais j’ai toujours beaucoup de mal avec les donneurs de leçons en général.

Il y a d’ailleurs certaines questions que je me pose depuis quelques temps :

Existe-t-il une même émission qui enseigne aux hommes comment être moins connard ? Existe-t-il une émission qui enseigne aux hommes à être de bons pères ? Existe-t-il une émission ou des conférences qui enseignent aux hommes à faire la différence entre un oui et un non ? Existe-t-il des émissions qui enseignent aux hommes à contrôler, maîtriser, comprendre leur sexualité ? Tous ces Tyrese, M. Harvey et compagnie organisent-ils des séminaires de déconstruction du patriarcat ?

Tous les jours, nous, femmes, recevons des milliers d’informations qui nous indiquent ce qu’il faut ou ne pas faire pour se protéger, pour être une bonne femme, pour trouver l’amour, pour fuir les connards, pour réussir, pour se faire sa place, pour être respecter, pour être une bonne mère, pour être une bonne épouse, pour gagner plus, pour s’émanciper, pour vivre, pour respirer, … mais à l’inverse, qui enseigne à nos hommes d’être à la hauteur des femmes parfaites que l’on nous encourage à devenir ? Qui ?

Demander aux femmes d’allonger leur jupe, de couvrir ou non leur corps, de fuir tel ou tel type d’homme, de crier plus fort pour se faire entendre, d’apprendre à se défendre, de parler moins fort pour ne pas se faire remarquer, toutes ces choses là ne règleront pas le problème. Le problème, le vrai, c’est la société patriarcale dans laquelle nous évoluons et qu’il est grand temps de déconstruire.

Définition du patriarcat : “forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes.” 

Lorsque j’entends une Catherine Deneuve sur un plateau de télévision prendre la défense d’un Polanski accusé et condamné pour le viol d’une jeune fille de 13 ans. J’ai envie de sauter à pieds joints sur mon ordinateur. Je me reprends très vite lorsque je me rappelle de son coût mais clairement je suis révoltée. Lorsqu’elle se permet de dire que le terme de “viol” est exagéré, et qu’à 13 ans, on ne fait pas forcément son âge… Comme dirait une de mes amies : #BitchPlease !!!! Pourquoi, une fois de plus, mettons nous en cause la responsabilité de la femme et non celle de l’homme ?

Mais surtout lorsque quelques mois auparavant  ce même Polanski était choisi pour présenter les Césars, je prends doublement conscience de ce mal qui ronge notre société. Un homme accusé et condamné pour viol peut naturellement représenter la France. Ou se trouve donc le problème ?

Le problème, c’est l’image que nous renvoyons aux hommes, aux jeunes hommes de ce pays. Autoriser, et même valider ce genre de comportement, c’est dire aux hommes qu’ils ont le droit de commettre ces actes et de pouvoir réussir professionnellement. C’est dire qu’ils ont le droit d’enfreindre la loi et de s’en sortir, qu’ils peuvent aller à l’encontre d’une décision de justice, que négliger le droit des femmes à disposer de leur corps n’est pas un problème.

Car au final, le problème ce n’est pas ma jupe trop courte ou mon décolleté trop plongeant. Le problème, c’est ta main que tu ne veux pas garder dans ta poche, ce sont tes yeux que tu ne souhaites pas baisser et c’est ton organe génitale que tu ne veux pas apprendre maîtriser.

“Un homme ça s’empêche” comme disait le père d’Albert Camus. Etre adulte, c’est savoir se retenir. Alors messieurs “empêchez vous” et mesdames “osez être” !


*L’enfer, c’est les autres :

“On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’était toujours des rapports infernaux. Or, c’est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.” – Jean-Paul Sartre 

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