En naviguant sur mon fil d’actualité Facebook, quelle ne fût ma surprise en découvrant ce post. Surprise doublement accentuée par l’auteur de cette ignominie qui n’est autre qu’un policier, qu’on nomme ironiquement « gardien de la paix ». Le terme « ironiquement » prend tout son sens quand un type dont le métier est de protéger tous citoyens quels qu’ils soient profère que « si nous autres, les filles, nous faisons violer lors d’une soirée chez nous où il y a de l’alcool, il n’y a pas matière à étonnement ». Propos autrement gravissime qu’ils ont été proclamés face à une classe de 5e.

Plusieurs choses me mettent en rage dans ces quelques lignes, ces quelques mots : pourquoi faut-il toujours chercher à justifier le fait qu’un homme ne parvienne pas à tenir ses couilles dans son froc ? Pourquoi faut-il toujours chercher des circonstances atténuantes pour alléger le CRIME de l’agresseur ? Oui, le viol est un crime et il est utile de le rappeler quand même nos chers policiers, hommes supposés de justice, semblent l’oublier. Aucune raison au monde n’a justifié, ne justifie et ne justifiera jamais qu’un homme viole une femme. JAMAIS. Quelques minutes de plaisir mal contrôlées valent-elles de détruire l’existence entière d’une personne ? Valent-elles de la faire détester les hommes, l’amour ? Valent-elles qu’elle soit déchirée dans sa chair ? En perte de confiance avec le monde ? Sur la défensive ? Apeurée ? Ces quelques secondes de non-contrôles méritent-elles que pour les 10, 20 voire 50 années à venir une femme vive dans la peur, l’insécurité, qu’elle soit le fantôme d’une vie arrachée ?

N’apprenons pas aux filles à se comporter de telles ou telles façons pour ne pas se faire violer. Personne ne sait ce qui se passe dans la tête d’un violeur. Apprenons plutôt aux hommes à maîtriser leur pulsion pour que l’agression soit évitable. L’homme n’est pas un animal en rut jusqu’à preuve du contraire, il est très bien capable de tenir ses bourses quelques instants. Et s’il n’y arrive pas, la bonne vieille technique de la masturbation en solo existe pour calmer son envie plutôt que de l’imposer à une femme. Celle-ci n’a pas à être la dépositaire de vos couilles endurcies. Elle est un être humain au même titre que vous, que vos sœurs si vous en avez, que vos filles quand vous en aurez, que votre mère comme nous en avons tous.

Imaginez simplement que le mal que vous causez à une fille en la violant, un autre homme a pu l’infliger à votre mère et causer chez elle une blessure béante pour laquelle elle lutte chaque jour pour la refermer. Une cicatrice telle que vous n’imaginez pas la portée de la douleur mais qui l’accompagne à chaque seconde, à chaque respiration de sa vie, une ignominie qui la ronge dans chacun de ses silences, qui traverse son visage marqué par cette peine. Cet homme qui l’a peut-être violée continue d’habiter en elle, de nourrir ses peurs, ses angoisses mises sous silence. Cette fameuse « loi du silence » à laquelle elle se soumet car quiconque n’a pas vécu la destruction identitaire qui fut la sienne ne comprendra pas sa douleur. Car, quand elle souhaite obtenir réparation de la part de la « justice » – je mets le mot entre guillemets car ce principe de justice dans ce cas-là et bien d’autres me semble obsolète – cette même justice incarnée par des policiers comme celui qui s’est adressé à cette classe de 5e, va lui dire « avez-vous invité votre agresseur chez vous ? », « lui avez-vous donné de l’alcool ou de la drogue ? », « comment étiez-vous habillée ? », « quel était votre comportement à son égard ? » : autant de questions pour n’en dire qu’une seule : quelle attitude provocante, aguicheuse et racoleuse avez-vous adopté pour que ce mec vous mette la queue entre les jambes et qu’ensuite, par éclair de lucidité, vous venez crier au viol ?

Si mes propos vous choquent, c’est bien, c’est voulu, car des propos comme celui de ce flic me choquent tout autant. Cette banalisation du viol ne devrait même pas exister. Un homme « de justice » ne devrait pas dire ce genre de choses surtout devant des enfants. C’est dès cet âge-là, dès l’adolescence, dès que leurs hormones commencent à les titiller qu’il faudrait apprendre aux jeunes garçons à se contrôler, à aimer une fille véritablement. Le sexe n’est pas une marchandise, le corps des femmes non plus, bien que nous soyons dans une société de l’hyper consommation de tout et de n’importe quoi.

Jeunes hommes, jeunes filles, apprenez l’amour, apprenez le désir, apprenez la beauté de l’attente. Ne soyez pas des criminels. Pensez que votre acte de quelques minutes que vous oublierez aussitôt après l’avoir commis hantera la vie d’une fille pour toujours. Est-ce ce genre d’être humain que vous souhaitez être ? Est-ce ce genre d’hommes que vous avez envie d’être ? Si un jour vous êtes père, est-ce ce genre de modèle que vous souhaitez être pour votre fille : un homme qui fait fi du désir des femmes et leur apprend que c’est de leur faute à elles si vous-mêmes n’êtes pas maître de votre corps ? Si c’est le genre d’homme que vous voulez être, sachez qu’un autre homme apprendra la même chose à son fils, que celui-ci pourrait rencontrer votre fille et que l’histoire se répètera.

Pensez avant d’agir, pensez avec votre tête et non avec votre pénis.

Quant à vous, cher flic, honte à vous. Vous devriez être démis de vos fonctions pour vos propos.

Tisha Ivana

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