«Comment se penser homme quand on ne bénéficie pas des privilèges de l’homme ?» telle est la question que se pose l’auteure Léonora Miano dans son nouvel ouvrage “Mariane et le garçon noir”. Sorti le 20 septembre 2017, nous vous proposons de découvrir ci dessous un extrait des motivations de l’auteure. Un ouvrage à se procurer sans plus attendre !

” Après le décès d’Adama Traoré lors de son interpellation par des gendarmes, j’ai rédigé une tribune, que le journal Libération a bien voulu publier. L’objectif était de demander que justice soit faite, et d’attirer l’attention sur la récurrence de tels faits, dans des cas impliquant des hommes noirs. Quelques mois plus tard, comme un grand nombre de personnes dans le pays, j’ai été ébranlée par les sévices infligés à Théo Luhaka, toujours par les forces de l’ordre. La nécessité d’agir m’a paru évidente, mais l’idée d’une nouvelle tribune était insuffisante. Il fallait que soient mis en lumière les hommes confrontés à ces violences parfois létales, que l’on approche la diversité de leurs profils et découvre leur rapport à la France. Il me fallait aussi faire comprendre ce que réveillent ces brutalités dans la psyché des Noirs, ce dans quoi elles les incarcèrent.

Depuis leur rencontre avec une Europe conquérante, la relation des populations d’ascendance africaine avec cet espace est marquée par la violence : capture, mise en esclavage, racialisation, colonialisme… Cette énumération évoque le gouffre duquel ont émergé les Noirs de la période actuelle. Où qu’ils se trouvent de par le monde, ils sont issus de la violence faite à leurs aïeux. Jadis, ce ne fut pas seulement pour mater les révoltes que l’on s’en prit au corps noir, mais aussi pour atteindre l’esprit. Il ne fut pas nécessaire de torturer physiquement des communautés entières. Exposer des corps suppliciés suffisait. Les conquérants européens, en route vers l’occidentalité, appliquèrent cette méthode dans tous les espaces dont ils s’emparèrent. Le comportement des forces de l’ordre à l’égard des hommes noirs, est hérité de ce passé. Les actes posés sont frappés du sceau de cette relation à l’Autre, dont les modalités interdisent que l’on voie en lui le reflet de soi. C’est de cette façon qu’ils sont perçus par les Afrodescendants.

Pour contribuer à Marianne et le garçon noir, j’ai fait appel à des artistes, chercheurs et activistes pouvant tous être perçus/se définissant comme noirs. Il s’agissait de les inviter à produire une pensée qui ne se limite pas au témoignage, ce dernier étant la forme d’expression à laquelle sont assignés les Noirs, afin que d’autres, occupant une position de surplomb, pensent à leur place leur expérience. Des Noirs, ensemble, ce n’est pas forcément une bande ethnique en marche pour détruire la République…”  Pour lire la suite, c’est juste

Source : https://frenchafricana.org/2017/05/25/marianne-et-le-garcon-noir-2/

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