“Le destin ne cesse de nous rattraper.” Le talent aussi à en croire le parcours de notre QUEENSPIRATION. Laurie-anne BRACCIANO, artiste peintre, utilise son art pour sublimer la femme noire, en nous donnant sa propre vision de la beauté.

RTM | Bonjour Laurie-anne, peux-tu te présenter pour nos lectrices et lecteurs ?

Laurie-anne | Bonjour RTM, je m’appelle Laurie-anna Bracciano. Je suis une artiste peintre qui vient tout juste d’avoir 30 ans. J’habite actuellement à Paris, d’origine Guyanaise-Martiniquaise. Je suis également issue d’une sororité composée de deux sœurs. Je

RTM | Peux-tu nous parler de ton parcours ? 

Laurie-anne | Mon amour pour l’artistique remonte à l’époque du collège. J’enchaînais les meilleurs notes en arts plastiques. Ma professeur de classe de 4ème avait conseillé à mes parents de me sortir de la filière générale afin d’intégrer un cursus artistique. J’avais l’idée de devenir styliste, une façon pour moi d’allier ma faculté à dessiner et mon amour pour la couture. Cependant, ma famille en a décidé autrement, et suite à l’obtention de mon brevet, je me suis orienté vers un bac littéraire.

Suite à l’obtention de mon bac, j’ai tenté d’intégrer des écoles publiques d’arts appliqués sans résultat. Je me suis heurtée à la réalité du secteur, et aux difficultés à intégrer ces filières artistiques après le bac. Sans compter les prix exorbitants dans écoles privés.

Cependant, j’étais convaincue de ma volonté à vouloir évoluer dans ce milieu. J’ai donc effectué une licence en arts plastiques à l’université que j’ai obtenu avec succès. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de profession en rapport avec mon cursus. Face à la réalité de l’époque, j’ai été forcé de trouver un emploi hors de ma filière, me jurant un jour de revenir à mon souhait initial qui est de travailler dans l’art.

RTM | Selon tes souvenirs, à quand remonte ta première rencontre avec le dessin et la peinture ?

Laurie-anne |Ca remonte à l’enfance. J’ai toujours eu une sensibilité pour l’art, que ce soit pour la couture, le dessin ou la musique. J’ai toujours eu une faculté naturelle à dessiner, à créer.

RTM | Pendant 8 ans, tu arrêtes malgré toi le dessin. A quel moment le dessin revient-il dans ta vie ?

Laurie-anne | Ma vie professionnelle, à l’époque, ne me permettait pas de conjuguer d’autres activités. Mon activité me prenait tout mon temps, et surtout toute mon énergie, qu’elle soit psychologique ou physique. Pour créer, j’ai besoin d’être sereine. Je ne l’étais pas, et le temps est passé.

Le déclic a eu lieu ce fameux dimanche de Mai 2016 où comme toute personne qui travaille je pensais au lundi matin et à l’agencement de la nouvelle semaine à venir. Je me suis surprise à avoir cette envie, qui se transforma en besoin tenace, celui de peindre. C’était la fin d’après-midi, j’ai sauté dans ma voiture, et je me suis directement rendue dans le dernier magasin ouvert, achetant compulsivement tout le nécessaire pour peindre.

RTM | Qu’est-ce qui inspire ton art ?

Laurie-anne | Dans un premier temps, je m’inspire de ce que je suis : une femme noire afro descendantes africaine d’origine caribéenne. Toutes mes toiles illustrent des femmes noires de la diaspora drapées d’une pièce de tissu.

La musique aussi m’inspire. Notamment le Reggae Roots dont je suis particulièrement attachée et qui rythme mes journées. Ainsi que le mouvement Rastafari que j’ai embrassé il y a quelques années déjà.

La musique, le Reggae Roots plus précisément est ma passion et ma musique de fond quotidienne.

RTM | Tu mixes les matières dans tes toiles. Tu alternes entre techniques de couture et techniques de peinture. Pourquoi avoir décidé de marier les matières ?

Laurie-anne | Je n’ai rien décidé réellement tout s’est fait naturellement le jour ou j’ai créé ma première toile l’année dernière, c’était des retrouvailles sur une toile entre mon passé, mon présent et l’avenir.

Après avoir esquissée une femme sur ma première toile qui allait être sans le savoir la première d’une longue série, le problème du turban s’est posé. Avant même de le peindre pour terminer la toile, l’idée d’incorporer des tissus à ma toile m’est venue comme pour donner du volume, du relief et une valeur ajoutée à mes créations.

RTM | Tu te sens proche de la philosophie Rasta. Penses-tu que cela influence ton art ?

Laurie-anne | Proche n’est pas le mot, je suis RASTA. J’en ai adopté la philosophie depuis maintenant plusieurs années. Cela influence mon art en toute chose, de part les couleurs (vert, jaune, rouge), les tissus que j’utilise (les tissus éthiopiens) ou l’aspect naturel de mes sujets (aucun maquillage, coiffure naturelle, apparence modeste … Il n’y a qu’à parcourir mes œuvres pour s’en rendre compte.

J’aime m’attacher les cheveux depuis des années. J’aime les parer de tissus. Je suis naturelle, et l’ai toujours été. Je ne me maquille pas, et je ne me suis jamais maquillée de ma vie. Je porte des dreadlocks et considère mon turban comme ma parure de tous les jours.

A chacune sa parure. Quand d’autres se refond une beauté avec des cosmétiques et des coiffures diverses, ma parure à moi réside dans mon turban. Je m’autorise pour seule fantaisie, la diversité de mes techniques d’attaches. Des valeurs essentielles à la philosophie Rastafari.

RTM | Il paraît que tu es aussi une passionnée de musique…

Laurie-anne | Et comment !! Une passionnée de Reggae Roots, à l’ancienne je précise. (Rocksteady, Roots, Rubabub et Early Dancehall)

Les concerts lives, soirées dansantes sont ma vie même s’ils se font rare dans ce style actuellement malheureusement. J’ai grandi avec cette musique grâce à mes parents qui en ont toujours écouté. Ils collectionnaient les vinyls. Je les collectionne à mon tour aujourd’hui.

Je suis également Bassiste et pratique cette discipline depuis plusieurs années. L’amour pour cet instrument m’a été transmis par mon père qui aussi loin que je m’en souvienne en a toujours joué. La guitare basse à autant de place dans ma vie que la peinture. Je pratique les deux avec autant d’intensité.

L’un ne va pas sans l’autre et l’un équilibre l’autre.

RTM | Peux-tu nous citer une difficulté que tu as du surmonter ? Et comment l’as-tu surmonter ?

Laurie-anne | Le fait de ne pas avoir pu travailler dans le milieu artistique à la fin de mes études.

A défaut, j’ai ravalé cette fatalité même si je n’étais pas emballée, j’ai du faire preuve de maturité afin de me construire une stabilité professionnelle et matérielle. J’ai surmonté cette épreuve grâce à la musique qui avait une grande place dans ma vie à ce moment là. La musique m’a permis de tenir. C’est à cette période de ma vie que je me suis sérieusement mis à la guitare basse.

Il m’était impossible d’être sans mon walk-man, surtout pour aller travailler. C’est ce qui m’a permis de fermer les yeux sur ma condition tout en espérant, en rêvant à des lendemains meilleurs.

RTM | As-tu grandi avec des modèles féminins ? Quels sont-ils ?

Laurie-anne | Ma mère avant tout. Une femme travailleuse, naturelle, indépendante qui a su coupler sa vie professionnelle (son travail de nuit à l’hôpital) et sa vie familiale (l’éducation de ses 3 enfants). C’est elle qui m’a initié à la couture.

Mes grandes sœurs m’inspirent aussi pour leur indépendance et leur ouverture d’esprit.

Il y a également Lauryn Hill et Erykah Badu pour leur naturel à l’époque où on ne parlait pas encore du mouvement Nappy, mais aussi également pour leur parole consciente et la mise en avant de leur africanité.

Et enfin, Oprah Winfrey pour tout ce qu’elle est.

RTM | Quels sont tes projets à venir pour la fin d’année 2017 ?

Laurie-anne | Le lancement de mon site internet où l’on pourra retrouver l’ensemble de mes œuvres à vendre. Une collaboration avec une marque connue d’attaché foulard dont je tairai le nom pour le moment.

Je participe également à l’événement ART PRESS YOURSELF à Paris le 3 et 4 novembre 2017 où l’on retrouvera quelques œuvres issues de mon exposition précédente « Femmes toutes en relief ». J’y présenterai également des toiles inédites, jamais exposées.

RTM | Qu’est-ce qui fait de Laurie-anne une Reine Des Temps Modernes ?

Laurie-anne | Ma spontanéité, mon ouverture à la différence, mon indépendance et mon travail acharné pour arriver coûte que coûte a mon objectif de vie. Une femme qui assume pleinement son naturel, totalement en accord avec ses racines Africaines.

 

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