Je suis partagé entre l’envie de la voir et le devoir de lui laisser du temps. 
C’est cette phrase qui m’a intrigué ce matin, alors que je me préparais pour une longue promenade sur le Mont- Bellevue. Mais on s’en fout, il n’y a pas de mal à être inspiré et à changer de plan. Je voulais te répondre à toi, qui lira ce texte et qui en sortira bouleversé, inquiété de mes mots.
Beaucoup de relations passent par cette étape du break, qui s’associe à une période de pause relationnelle. Une période où l’on doit s’éloigner de l’autre, et lui donner de l’espace.
Le dit “break” en question est très critiqué par certains ( la plupart du temps, par des célibataires… mdr ) qui maintiennent le fait que : en amour, il ne doit pas y avoir de pause !
En fait, bien que l’on puisse être contre cette idée, cela n’empêche que notre partenaire puisse la suggérer au cours d’une discussion. Et cette idée peut venir à des moments de doutes, de colères ou de déceptions. Quoi de plus normal ? Je ne vais pas parler du “break” en soi. Je vais plutôt aborder l’attitude que l’on pourrait adopter face à cette situation. Bien sûr, il ne s’agit que d’un conseil. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai eu droit à cette phrase qui fait mal ” Je préfère que l’on fasse une pause”. Hein ? Pardon. Aïe ! Et là, on part dans nos délires paranoïaques… Pourquoi ? Tu ne m’aimes plus ? Et si jamais on s’éloigne jusqu’à ne jamais se retrouver ?
De nos proches, on entendra souvent ” Si tu l’aimes, donne lui le temps. “, ” Si tu l’aimes, accepte. ” Bien. Je vais sûrement vous décevoir aujourd’hui en vous disant que vous n’avez pas à faire pour l’autre. Je pense que le mieux à faire c’est de faire pour soi.
Et faire pour soi c’est marquer un temps d’arrêt, souffler, se reposer le temps d’un break. Aimer c’est, quand même, donner une partie de soi. Prendre une partie de l’autre. Diffuser de l’énergie positive et négative, et surtout partager sa lumière. Sauf qu’il faut bien des moments où l’on se ressource. L’ amour c’est fatiguant, épuisant, irritant. L’ amour demande de la concentration, un peu comme au travail ou en milieu scolaire. Cela demande du sérieux et du dynamisme. La fatigue entraîne la distraction, l’inefficacité et l’échec dans tout ce que l’on entreprend. Que pouvons-nous apporter aux autres que ce que nous avons déjà transmis ? Aimer c’est donner des leçons d’amour et aussi apprendre. A un certain moment, l’enseignement ne peut plus se faire s’il n’y a plus d’apprentissage. L’enseignement et l’apprentissage ne peuvent avoir lieu en même temps, non ? Je peux parler d’une certaine forme de recyclage, de tri sélectif, de renouveau. Oui, parce que l’ Amour c’est aussi la nouveauté.
Faire pour soi c’est comprendre que l’on a besoin de s’arrêter quelques secondes, quelques minutes, quelques mois. Je précise “pour soi” parce que c’est sûrement le point le plus important : la place que l’on donne au “moi” dans une relation. J’ai fini par comprendre qu’il ne s’agit pas d’égocentrisme ou d’égoïsme. Ce que je veux dire c’est qu’il serait plus efficace de faire une pause pour soi, que d’en faire une pour l’autre. ” Je dois lui donner de l’espace “. Non. Je dois ME donner de l’espace, remettre les choses en place. Nettoyer, chasser la poussière. Rétablir l’ordre, se recentrer sur l’essentiel. Revoir les points négatifs, ce que je dois améliorer à mon niveau… et ça, même si la pause vient de moi. C’est déjà une chance de pouvoir rattraper le fil quand la bobine s’est trop déroulée. Vu comme ça, je vous assure, c’est moins douloureux. Alors, ça semble un peu léger. Mais si l’on doit parler de légèreté, il serait temps que l’on se libère du poids de l’inquiétude. Une pause ne peut tuer une relation déjà morte ( désolé ! ) et elle ne peut tuer une relation bien vivante. Dans tous les cas, nous n’avons rien à perdre. Soit nous prenons le risque de vérifier la solidité de notre amour, soit nous continuons d’accumuler de la lassitude et de l’échec. C’est bien dans notre nature d’avoir cette peur de perdre. De perdre du temps, de perdre les gens, de perdre les choses. Au final, c’est toujours la peur de perdre qui conduit à la perte.
Finalement, faire pour soi c’est faire pour nous. On le fait pour soi, pour nous deux, pour le bien de notre relation peu importe de qui vient l’idée. Donc je l’ai fait. J’ai pris le risque. Et le risque m’a conduit à une réalité trop longtemps ignorée : on ne pouvait plus s’aimer. Il n’y avait plus rien à faire. Parce que c’est ça la vie : il y a des relations que l’on ne peut pas sauver. Il y a des limites, des murs que l’on ne peut pas bouger. Et vous savez quoi, je suis heureuse de l’avoir fait pour moi. Parce que je nous ai évité le suicide commun. Nous avons évité la haine, le mépris, le dégoût. Nous avons eu besoin de ce moment d’absence et de recul.
Mais, il y aurait pu avoir une autre porte de sortie. Certains d’entre vous peuvent constater : qu’ils ne peuvent plus s’aimer de cette façon ( là, c’est différent). Alors, vous aurez la possibilité de vous aimer autrement, de vous aimer “mieux”.  De reprendre là où vous aviez abandonné. De reprendre la marche.
Alors, toi qui me lis et qui te demande peut-être comment j’ai pu trouver les bons mots sur une situation aussi minable à tes yeux, n’aie pas peur de prendre ta pause. Ralentis. Stoppe la marche. Il vaut mieux stagner des heures, des semaines que toute une vie.

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