CONSEIL LECTURE | Maïmouna d’Abdoulaye Sadji

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Maïmouna est un roman d’Abdoulaye Sadji, écrivain sénégalais né en 1910 à Rufisque au Sénégal. Instituteur puis directeur d’école Abdoulaye Sadji s’illustre également par son combat pour l’indépendance du Sénégal. A travers ses œuvres, Sadji agit pour l’indépendance et la valorisation de la culture africaine. Il a également collaboré sur plusieurs articles avec Léopold Sédar Senghor.

Il meurt en 1961 dans sa ville natale.

Dans le romain Maïmouna publié en 1953, on suit l’histoire d’une très belle jeune fille nommée Maïmouna (Maï) élevée à Louga et qui vit avec sa mère Daro. Elles ont une existence simple, sans « chichis » et vivent dans une case. Pour subvenir au besoin de la famille (le papa étant décédé) Yaye Daro (Mère Daro) fait du commerce avec l’aide de sa fille.

Tout se passe bien et tout est bien réglé jusqu’à ce que Maïmouna qui rêve d’une vie, d’un destin plus grand cède à l’appel de sa sœur Rihanna qui vit confortablement à Dakar. C’est à partir de cet instant que les tracas vont commencer.

Entre traditions et modernité

Maï quitte donc la tranquillité, l’authenticité de Louga et atterrit à Dakar la belle, Dakar la dangereuse. Les premiers temps elle est éblouie par la beauté de Dakar. Elle y découvre le luxe, les loisirs, la modernité et l’urbanisation. Sa sœur Rihanna et son mari Bounama vivent dans une maison très confortable à Dakar. Ils reçoivent du monde et vivent une vie de notable.

Pour Maï, cela est nouveau, elle doit s’adapter, adapter son langage, changer de look, changer de comportement etc.

Les différents passages dans lesquels on découvre la différence entre Dakar et Louga, la culture différente en somme deux mondes différents font beaucoup penser à ce que l’on peut subir en tant qu’enfant issu de l’immigration. Nous devons souvent jongler entre deux mondes différents, nous adapter, « dealer » avec nos différentes identités, suivre les traditions de nos parents dans un environnement « moderne ».

Dans son roman, Sadji montre deux visages de l’Afrique, deux facettes, deux morales, deux façons de vivre.

Avec le temps, Maï va s’habituer à Dakar mais un événement triste/heureux (à vous de juger) va l’obliger à rentrer chez elle. Elle va renouer avec sa mère, ses racines et finalement retrouver sa place.

J’ai adoré l’histoire de Maïmouna, j’ai adoré le personnage. J’ai adoré la manière dont Sadji critique  la culture sénégalaise, ses travers, le recours un peu trop fréquent au marabout par exemple mais aussi la manière dont il valorise la culture africaine, les femmes africaines.

J’ai adoré la manière dont il parle de Maïmouna, la manière dont il l’a décrit, ne cessant de rappeler à quel point elle est belle. Ce roman avec ce qu’il raconte : les différences de culture, l’opposition entre traditions et modernité, pose des problématiques encore d’actualité aujourd’hui : l’importance des racines, le retour aux sources, comment on peut se perdre loin de chez soi, comment combiner nos identités multiples ?, comment ne pas oublier d’où l’on vient ?

 

A lire de toute urgence !

Saffï

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